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Nafi Diakhaté, l’amazone Sénégalaise qui veut révolutionner l’écosystème digital Africain

A 25 ans, Nafi Diakhaté, est CEO et co-founder de l’agence de communication digitale Digismile basée à Dakar. Jeune femme très cultivée et au parcours atypique, celle qui se définit comme une « Digital Trotter » a une clairvoyance certaine des défis de l’écosystème numérique Africain. Pour se tourner vers la communication digitale, sa passion, Nafi Diakhaté prend le risque d’abandonner ses études de spécialisation en Systèmes distribués, Gestion de données et Génie Logiciel. Véritable boîte à idées, son entreprise Digismile veut rendre digitalement visibles, les petites entreprises locales sans toutefois écarter celles étrangères. Découvrez le parcours exceptionnel d’une « Digitale Native » hors pair.

Magazine In Afrik : Qu’est-ce qui fait la particularité de votre parcours professionnel ?

Nafi Diakhaté : En 2010, durant ma dernière année de lycée, j’étais persuadée que j’allais suivre des études supérieures en biotechnologie. Je me suis finalement inscrite en Informatique. J’ai obtenu un bachelor en Administration de Réseaux informatiques. Juste avant de commencer ma spécialisation en Systèmes distribués, Gestion de données et Génie Logiciel, je me suis tournée vers la communication digitale.

Ce domaine m’intéressait beaucoup plus que celui que je suivais. J’ai alors renoncé à l’Université pour suivre des formations spécialisées sur les outils du web pour entreprises. Aujourd’hui encore, mes promotionnaires ont du mal à accepter le fait que j’ai décidé de quitter ma formation à mi-chemin. Je leur répète toujours ironiquement que:

Bill Gates n’a pas terminé ses études.

Alors, ils ne devraient pas s’en faire pour moi.

Nafi Diakhaté, l’amazone Sénégalaise qui veut révolutionner l’écosystème digital Africain
Nafi Diakhaté, l’amazone Sénégalaise qui veut révolutionner l’écosystème digital Africain

Quelles sont vos expériences professionnelles ?

Je me souviens de mon premier travail, dans un magasin de vêtements d’une marque italienne. C’était une belle expérience que j’avais choisie de vivre pour comprendre l’industrie de la mode avant de lancer ma propre marque ; un projet que je murissais depuis mes 15 ans. J’ai quitté ce premier petit boulot pour rejoindre un groupe de médias sénégalais qui m’attendait pour un stage que je devais passer durant mes 4 semaines de vacance après la Licence 1. Suite à cela, la boîte m’a proposé de rester et j’ai accepté l’offre, en parallèle à mes cours. A un moment, je me suis retrouvée avec deux emplois à temps partiels, dans deux entreprises différentes, en plus de mes études.

J’avoue que cela était devenu psychologiquement épuisant et je ressentais de plus en plus le besoin de sortir de ma routine et découvrir d’autres univers. Cela a coïncidé avec ma découverte du domaine du webmarketing. J’ai hésité quelques temps puis j’ai remis ma démission pour me consacrer entièrement à mes différentes formations et surtout, avoir le temps de travailler sur un projet personnel de création d’entreprise. J’ai très vite eu la chance de travailler en freelance pour la couverture digitale d’évènements à Dakar. Au fil des recommandations, et en seulement quelques mois, j’ai commencé à être sollicitée par des jeunes entrepreneurs pour des conseils en social media marketing. Je suis ainsi devenue consultante, sans vraiment que cela n’ait été dans mes projets.

En 2014, vous créez avec un associé, l’Agence digitale Digismile pour une Afrique connectée. Pourquoi avoir choisi d’investir dans le numérique ?

Travailler dans le numérique n’était pas un but, mais une évidence. En effet, quand j’ai commencé à me dire que j’allais monter une boîte, c’était plutôt dans le domaine du Développement web et mobile que je l’imaginais. Même si ma formation ne tournait pas spécialement autour de ce domaine, cela m’intéressait énormément. J’ai demandé des conseils aux personnes qui m’entouraient et aux professionnels du milieu, et j’ai reçu un avis qui a tout fait basculé. Une connaissance qui est développeur dans une agence web parisienne, m’a demandé pourquoi je ne me lançais pas dans le Marketing Digital.

J’en ai parlé à Alassane, qui est aujourd’hui mon associé et l’idée lui a aussitôt plu. Nous avons ainsi commencé à travailler sérieusement sur le projet Digismile. Tout était assez clair dès le début. Nous savions exactement où nous allions poser les pieds parce que ce n’était pas la première startup de mon associé dans ce domaine et, j’avais déjà eu à travailler pour lui sur certains projets. Avec Alassane, nous avions la même ambition : proposer des services totalement basés sur le digital, pour permettre aux petites entreprises locales d’avoir de la visibilité et vendre leurs produits, sans trop buter sur les contraintes financières. C’est sur cet objectif que tout est parti et le résultat est Digismile.

Qu’est-ce que Digismile et quels services proposez-vous ?

Digismile est une agence de communication digitale destinée aux startups. Nous avons pour habitude de dire que nous sommes une agence 360° car notre catalogue de services est assez épais. Pourquoi faire du webmarketing 360° quand il est plus simple de gérer une entreprise qui offre 2 ou 3 services, bien choisis parce qu’ils rapportent plus de revenus ? J’avoue que cette idée m’a déjà traversé l’esprit, mais avoir une vision globale et proposer différentes solutions pour atteindre les différents objectifs des entreprises que nous accompagnons est bien plus important.

Le Logo de la Start-up Digismile, Une agence de communication Digitale
Le Logo de la Start-up Digismile, Une agence de communication Digitale

C’est pour cela qu’aujourd’hui, nous proposons des services d’analyse de données, de définition de stratégie digitale, de marketing de contenu, de publicité digitale, de social selling, d’email marketing et même de mobile marketing. Nous ne vendons pas des offres ; nous accompagnons les startups pour qu’ils atteignent leurs objectifs de présence digitale. Et s’il faut déployer plusieurs dispositifs pour avoir les résultats escomptés, notre équipe sera en mesure de le faire sans avoir recours à l’externalisation.

D’où est partie l’idée de « l’Afrique connectée » et à quel besoin répond-il ?

« L’Afrique connectée » est plus une tendance, qu’un concept. Si aujourd’hui les projecteurs sont tournés vers notre continent, c’est parce que le nombre de personnes qui prennent conscience de notre potentiel de créativité et d’innovation, est grandissant. Un des plus grands problèmes que nous avons eu jusque-là, est selon moi, l’accès assez difficile et tardif aux technologies qui facilitent la vie au quotidien. Je dis jusque-là, parce qu’aujourd’hui, ce sont les jeunes africains qui trouvent des solutions locales aux problèmes locaux.

En plus d’être une Digital Native, j’ai eu assez tôt la chance de côtoyer de jeunes entrepreneurs digitaux. Ils m’ont insufflée leur passion et leur vision d’une Afrique qui brille grâce au digital. A l’étape de réflexion et de conceptualisation, cette vision était la pierre angulaire du projet Digismile. Aujourd’hui encore, nous continuons à croire en la jeunesse africaine, à nos projets locaux et à leur réussite avec l’appui du Digital.

Comment avez-vous mobilisé les fonds pour lancer votre boîte ?

Dès le début, nous avons décidé de n’avoir recours à aucune banque pour mobilier les fonds nécessaires au lancement de Digismile. Voler de nos propres ailes était un réel défi à relever, mais nous étions certains d’y arriver. Le fait que nous ayons été deux, et financièrement autonomes, nous a grandement facilité les choses. C’est avec nos fonds personnels et la love-money, c’est-à-dire l’appui de nos familles, que nous avons pu lancer la boîte sans de grandes difficultés financières.

Une vue du local de la Start-up Digismile et de l'associer Alassane
Une vue du local de la Start-up Digismile et de l’associé Alassane

Je dis souvent en riant que nous y avons mis tout ce que nous avions pu économiser, mais sans regret. Le plus important était que nous n’avions pas eu à nous encombrer des prêts bancaires et leurs taux d’intérêts démesurés.

Aujourd’hui, nous pouvons dire aux jeunes comme nous, qu’il est bien possible de créer une entreprise en partant de très peu, juste avec une idée, une bonne dose de détermination, de bons conseils et quelques économies.

Votre vision est de digitaliser les entreprises africaines. Avez-vous les moyens de votre ambition ?

Je commencerai à répondre à cette question par une remarque. Nous savons aujourd’hui que c’est le secteur privé qui fait tourner l’économie d’un pays. Plus les entreprises se développent, plus le pays se développe. Ce qui veut dire que toutes les solutions qui permettent d’augmenter les performances des entreprises, sont les bienvenues. L’automatisation de certaines tâches qui ne nécessitent pas forcément l’intervention humaine, est un excellent moyen de permettre aux entreprises de gagner du temps pour se concentrer sur leur cœur de métier.

La digitalisation est indispensable pour être plus performantes et développer les entreprises, et donc les pays. Ce passage au numérique n’est pas une mission que nous nous assignons à nous seul. A notre échelle, nous proposons différents moyens aux startups, de rendre accessible leurs offres et produits, au-delà de leur zone de chalandise. C’est sur cette même lancée de digitalisation des processus métier, que d’autres entreprises locales, dans le même domaine que nous, ou pas, proposent leurs services. A notre niveau, nous avons bien les moyens et méthodes de contribuer à la digitalisation des entreprises africaines. Nous jouons notre partition, tout en sachant que d’autres feront de même afin que l’objectif final soit atteint.

Quelle plus-value l’Inbound marketing apporte à votre mode de fonctionnement ?

Faire de l’Inbound marketing signifie : faire de sorte d’attirer les clients vers une entreprise, au lieu que celle-ci aille les chercher un à un. Vous comprenez donc le pourquoi de l’engouement et l’enthousiasme autour de l’Inbound Marketing. Si nous avons choisi d’en faire notre cœur de métier, c’est pour deux bonnes raisons. La première est qu’il n’y a aucun besoin de prouver qu’un marketing de contenu réussi est essentiel pour une présence web rentable.

Cela nous fait gagner beaucoup de temps car la plupart de nos clients, les startups, n’ont pas besoin que nous leur expliquions pourquoi c’est important de penser « Inbound », puisqu’ils le savent déjà. La seconde raison est que l’Inbound Marketing fait appel à plusieurs canaux de communication, et plusieurs outils. Ce qui veut dire que nous utilisons au quotidien tous ces outils, et donc, évitons à nos clients d’avoir recours à plusieurs solutions séparément, pour atteindre un seul objectif.

En 2017, votre start-up Digismile s’ouvre vers l’international. Choix ou quête de renommée ?

Avoir des clients en dehors de l’Afrique de l’Ouest n’était pas dans nos objectifs à atteindre dans les 5 premières années. Pour dire vrai, cela nous est pratiquement tombé dessus. Notre principal outil de communication est le web, et le web n’a pas de frontière. Pour preuve, nous n’avions pas encore commencé à viser des entreprises en dehors du Sénégal, quand nous nous sommes retrouvés à travailler sur des projets développés en Afrique du Nord et en France.

Quand nous sommes recommandés à un entrepreneur d’autres horizons, et qu’il fait appel à notre agence, il est clair que nous ne refusons pas de l’accompagner, sous prétexte qu’il n’est pas en Afrique. Travailler pour des start-up qui se trouvent en dehors de notre pays, de notre continent, était une opportunité à saisir et nous l’avons saisi. Je pense que nous avons cette chance car les entrepreneurs se retrouvent dans les idées que nous défendons. Nous travaillons ardemment à conquérir l’Afrique, mais cela ne nous empêche pas de conquérir le monde.

Quel est, pour vous, l’intérêt d’accompagner bénévolement les entreprises qui ont un budget réduit réservé à la communication ?

En montant une agence destinée aux startups, nous savions très bien dans quoi nous nous engagions. Beaucoup de startups ont très peu de budget décerné à la communication, parfois pas du tout. D’un autre côté, pour réaliser des ventes, il faut se faire connaître auprès d’un public, et pour se faire connaitre, il faut communiquer. Nous sommes une startup qui accompagne des startups, quelle que soit leur taille. Le fait que nous ne mettons pas en avant l’aspect pécuniaire y est certainement pour quelque chose, bien que nous soyons une entreprise et que nous ayons des objectifs en termes de chiffre d’affaires, à atteindre.

Nous même, avons pu bénéficier de conseils gratuits de professionnels pour monter Digismile. C’est ce genre de soutien sans condition de Business Angels, qui nous a permis de limiter au maximum les risques et de cerner la meilleure approche à prendre. Si aujourd’hui, il nous arrive d’accompagner des entrepreneurs qui viennent de se lancer, sans rien attendre en retour, nous ne faisons que rendre la pareille. Si nous regardons sur le court simple, bien entendu que ce travail n’est pas rentable. Cependant, il suffit d’attendre environ une année, pour que ces start-up deviennent des clients, et de très fidèles clients qui font appel à nous pour chacune de leurs campagnes.

Notez aussi que ces entrepreneurs n’hésitent jamais à nous recommander, ce qui développe notre portefeuille clients. Alors ce n’est jamais ni une perte de temps, ni d’argent, quand nous aidons des startups à affirmer leur présence digitale.

Quelle est aujourd’hui votre plus grande fierté ?

S’il y a une chose dont nous pouvons être fière, c’est de pouvoir tous les jours rencontrer des entrepreneurs, discuter de leur vision de l’entrepreneuriat, être au premier rang pour découvrir la créativité des jeunes africains et être témoin de leur réussite. C’est une véritable chance que nous avons de pouvoir vivre cette aventure et de voir que l’Afrique n’a rien à envier aux autres continents quand il est question de jeunesse active.

Selon vous, quel est l’avenir des entreprises numériques dans les prochaines années en Afrique ?

Aujourd’hui, il y a énormément d’entrepreneurs qui se lancent dans le numérique. Malheureusement, il y en a assez qui ne survivent pas aux trois premières années. Il est donc urgent de s’organiser pour survivre. Quand je parle d’organisation, c’est par rapport aux solutions proposées. Nul besoin d’essayer d’ignorer le fait que nous soyons extrêmement en retard sur l’accès à plusieurs technologies. Peu d’entreprises en Afrique, intègrent par exemple la réalité virtuelle à leur stratégie de présence digitale. Les entrepreneurs qui s’y aventurent sur ce domaine ont sans surprise du mal à percer, car le nombre de personnes qui disposent de casque de réalité virtuelle n’est pas encore très important.

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En parallèle, le mobile money est en plein essor sur le continent. Cela pour dire que même s’il est bien tentant d’être parmi les premiers à proposer une solution digitale, si elle ne répond pas, sur le court et moyen terme aux besoins des Africains, elles auront du mal à se faire connaître.

Cependant, je n’ai aucun doute sur le fait que l’Afrique est une véritable usine à très beaux projets digitaux. Et ceux-ci ne brilleront que s’ils sont soutenus par nous-mêmes africains.

Quels sont les défis auxquels les entreprises africaines sont confrontées ?

Le plus grand défi sera de survivre à la concurrence de multinationales qui viennent de plus en plus conquérir l’Afrique. Havas, 1min30, Cdiscount, sont des exemples parmi tant d’autres. Ces entreprises ont bien plus de moyens que la plupart des startups locales. Nombreuses aussi, sont les entreprises indiennes qui évoluent dans l’outsourcing et qui nous contactent pour nous proposer leurs services et à des tarifs extrêmement intéressants.

Le meilleur moyen de survivre à cette ruée des entreprises étrangères est de travailler ensemble. Il arrive que les structures locales soient assez réticentes à travailler main dans la main avec la concurrence, mais pour survivre, il va bien falloir accepter de s’ouvrir, faire appel à d’autres entreprises locales pour certains services, pour ne pas voir nos potentiels clients se tourner vers les boîtes étrangères.

Nafi Diakhaté, CEO et co-founder de l’agence de communication digitale Digismile basée à Dakar
Nafi Diakhaté, CEO et co-founder de l’agence de communication digitale Digismile basée à Dakar

Avez-vous quelques conseils à ceux qui souhaitent entreprendre durablement dans le numérique en Afrique ?

Il est de plus en plus facile de se lancer dans le numérique. Il est aujourd’hui possible de mettre en ligne un site de e-commerce en moins d’une semaine, ou encore de devenir rédacteur de contenu web freelance, en rejoignant les plateformes dédiées, en quelques clics. Digismile n’est pas le premier projet que je lance, mais il reste jusque-là celui qui a eu le moins de mal à décoller, et ce grâce au digital.

Mon conseil aux entrepreneurs qui souhaitent se lancer dans le numérique ou qui y sont déjà, ce serait qu’il faut tout simplement bien choisir sa cible. Il n’y a pas de petite ou grande idée. Toutes les idées d’entreprises peuvent très bien cartonner, tant qu’elles répondent à un besoin précis et qu’elles s’adressent à un public précis. Par exemple, je suis toujours amusée quand je parle de l’application mobile Yo. Elle ne sert qu’à envoyer le message « Yo » et pourtant elle cartonne. Si Yo a eu du succès, pourquoi une autre idée n’en aurait pas ?!

Améliorer vos offres : il faut se baser sur les retours des clients et les attentes de la cible pour toujours proposer mieux. C’est le meilleur moyen de rester « dans le game », pour fidéliser et continuer de trouver de nouveaux clients. Il est aussi extrêmement important de s’entourer de personnes qui ont de l’expérience et qui sont prêtes à la partager. Ce serait une énorme erreur de penser que nous en savons assez sur un domaine pour être capable d’avancer seul. Il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre et les conseils sont d’excellentes ressources qui nous permettent d’éviter certaines erreurs commises par les aînés.

Enfin, un dernier conseil qui semble évident mais qui n’est jamais assez répété : faites ce que vous faites avec de la passion. Même avec le business model le mieux pensé au monde, il y aura toujours des imprévus dans la gestion pratique d’une entreprise et la génération de revenus. J’entends bien trop souvent des entrepreneurs dire qu’ils veulent laisser tomber. Je leur dis toujours de continuer à se battre pour atteindre leurs objectifs, mais pour se battre, il faut de la passion. Si vous faites les choses par amour, vous tenez le temps qu’il faut pour laisser votre projet murir et générer les profits escomptés.

Propos recueillis par : Michaël TCHOKPODO

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