A LA UNEACTUALITESAFRIQUE DE L'ESTPOLITIQUE

Andry Rajoelina : le retour par les urnes à Madagascar

Alors que les résultats des élections présidentielles ont été rendus publics, il y a quelques jours. Moment de délivrance pour le peuple de l’ile rouge, cette annonce consacrait également la revanche d’un homme : Andry Rajoelina. 10 ans après avoir pris le pouvoir grâce à la pression populaire, le plus jeune chef d’Etat de l’histoire africaine vient de prendre le pouvoir par les urnes.

Sur l’ile rouge, le duel entre Marc Ravalomana et son rival a donné son résultat. Finalement, c’est Andry Rajoelina qui dirigera le pays, d’après les résultats publiés le le 8 décembre par la Haute Cour constitutionnelle. A 44 ans, il peut légitimement occuper un fauteuil qu’il a brièvement connu et quitté dans une situation trouble.

LEX4

A charge de revanche

En 2014, peu avant les élections présidentielles, le chef d’Etat  sortant est amer. En effet, Andry Rajoelina qui dirige le pays depuis 2009 n’est pas autorisé à se présenter aux élections. Pourtant, pendant les cinq années de transition, c’est bien lui et son équipe qui ont tant bien que mal maintenus le pays sur le droit chemin. En fait, le problème est que celui qui a dirigé le gouvernement de transition depuis 2009 est considéré comme un putschiste. Il faut savoir qu’à l’époque, maire d’Antananarivo, il avait poussé la population dans les rues pour réclamer le départ de Marc Ravalomanana. Ce dernier sera chassé par l’armée qui confiera la gestion du pays à Andry Rajoelina. L’antagonisme entre les deux hommes dure depuis lors. D’ailleurs, ils seront tous les deux privés d’élections présidentielles en 2014. Pourtant, Andry Rajoelina semblait en bonne voie pour les remporter. Ce n’était que partie remise pour cet ancien  qui a toujours semblé bruler les étapes lors de son parcours.

L’homme qui ne savait pas attendre

Andry Rajoelina

Andry Rajoelina est né le 30 mai 1974 dans la ville d’Antsirabe. Après ses études, ce fils de colonel se lance dans l’évènementiel en 1994. Il finira par créer Injet, une entreprise d’impression numérique et de gestion de panneaux publicitaires, 4 ans plus tard. Peu de temps après sa création, Injet domine le marché de l’affichage publicitaire. Andry Rajoelina étend alors son empreinte dans le secteur en rachetant la société Doma Pub. Au fil des mois, le succès d’Andry Rajoelina lui apporte une importante notoriété au plan national. Il sera élu meilleur manager de l’année par la banque nationale d’investissement malgache. En 2003, il investit dans un parc de panneaux publicitaires trivision lumineux, avant d’acheter, en 2007, l’office de radiotélévision Ravinala, qu’il rebaptise Viva. Pourtant, son succès ne plait pas à tout le monde. Des différends naissent entre l’homme d’affaires et les autorités qui l’empêchent d’installer des panneaux publicitaires dans la capitale.

Lire aussi : Guinée Conakry : le salon des entrepreneurs est à sa première édition

Du business à la politique

Furieux, il décide de se lancer dans la politique. Le 3 novembre 2007, il annonce sa candidature à la mairie d’Antananarivo et crée le parti Tanora malaGasy Vonona (les Jeunes malgaches prêts), une formation politique non affiliée à l’opposition. Le 12 décembre suivant, la victoire d’Andry Rajoelina est totale. A 32 ans, il élu maire d’Antananarivo avec 63,3 % des voix. À ce poste, il lance des travaux de reconstruction de l’Hôtel de ville et informatise les services municipaux. Malgré tout, les démêlés avec le régime en place se poursuivent. Fatigué de voir ses projets freinés, financièrement et administrativement par le gouvernement, Andry Rajoelina entre en conflit direct le président Marc Ravalomanana. Le 17 décembre 2008, le gouvernement réplique en suspendant les émissions de la chaîne de télévision Viva TV.

Lire aussi : Algérie télécom : L’internet par satellite, une réalité dès septembre 2019

Andry Rajoelina lance alors un ultimatum au président pour que les programmes de la chaîne soient de nouveau autorisés. Face à l’inflexibilité du président, Andry Rajoelina prend progressivement le leadership de l’opposition malgache et déclenche un soulèvement populaire sans précédents. Les manifestations aboutiront à la démission et à l’exil de Marc Ravalomanana. Le 17 mars 2009, Andry Rajoelina est nommé chef de la Haute Autorité de transition. Désavoué par les bailleurs de fonds, il tente tant bien que mal de diriger le pays vers une sortie de crise. Ce sera le cas, puisque finalement, des élections libres sont organisées en 2014. Bien qu’apprécié par le peuple, Andry Rajoelina n’y participera pourtant pas. Marc Ravalomanan non plus. Les deux hommes devront attendre 4 longues années pour régler leur conflit dans les urnes. Habituellement précoce, Andry Rajoelina est obligé d’attendre. Bien lui en prendra. Il vient d’accéder, légitimement cette fois, à la magistrature suprême malgache. Sa mission, il en mesure l’ampleur. Madagascar est à un tournant de son histoire.

« Nous allons réaliser, en cinq ans, des projets qui n’ont pas été réalisés depuis l’indépendance »

, assure le nouveau président. On a envie de partager son optimisme.

Tags

Articles Liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité