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Navalayo Osembo-Ombati : à grandes foulées vers le succès

Au Kenya, terre d’athlétisme, une marque locale de chaussures sportives commence à faire parler d’elle. Il s’agit d’Enda, le pari d’une jeune kényane qui rêve de lancer la course de son pays vers le développement grâce au sport.

Pour Navalayo Osembo-Ombati, cofondatrice d’Enda, il est clair que sa start-up est bien plus qu’une simple enseigne de chaussures sportives. Sur des couleurs rappelant le drapeau kényan, 12 barrettes, en hommage à l’indépendance du Kenya survenue le 12 décembre 1963, trônent fièrement sur les paires de chaussures conçues par la start-up kényane. On peut le dire sans risque de se tromper, les chaussures Enda contiennent véritablement un morceau d’âme de ce pays qui a tant donné à l’athlétisme.

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Des chaussures porte-étendards

L’Enda Iten, le premier modèle de la marque kényane, porte le nom d’une petite ville réputée pour fournir des athlètes de niveau mondial. La chausssure a été développée en collaboration avec Birdhaus, un studio de design qui a travaillé avec les célèbres marques Under Armour, Reebok et Keen. Le design du modèle est un clin d’œil à l’héritage kenyan. Les trois couleurs de l’Iten, vert, rouge et noir, le logo représentant une lance, ainsi que le talon qui imite le relief des collines de la Rift Valley, sont une véritable ode au Kenya. C’est exactement ce que souhaitaient l’américain Weldon Kennedy et la kényane Osembo-Ombati, cofondateurs d’Enda. L’idée de créer cette start-up leur est venue, en 2015, après leur rencontre lors d’un atelier entrepreneurial.

Enda, une entreprise sociale

Osembo-Ombati a grandi près de la ville d’Eldoret, dans la région où s’entraînent les marathoniens d’élite. Elle avait donc déja une conception de la manière dont le sport pourrait être utilisé au profit de son pays. Seulement, c’est une académie des sports que la jeune comptable de formation prévoyait créer. Finalement, Weldon Kennedy et elle ont pensé qu’une chaussure sportive commercialisée en Occident, où la course amateur est plus populaire, serait le meilleur moyen d’utiliser le pouvoir de la réputation des athlètes kényans pour servir l’économie du pays. En effet, une partie des bénéfices d’Enda est prévue pour être reversée à des associations. Encore faut-il que l’affaire soit rentable. En fait, la chaussure est assemblée au Kenya mais les matériaux utilisés sont commandés en chine. Malgré tout, Weldon Kennedy et la kényane Osembo-Ombati ont un plan pour rendre les chaussures Enda rentables. La marque espère profiter des tarifs douaniers préférentiels pratiqués pour importer des chaussures de l’Afrique vers les États-Unis. Cela est rendu possible par l’African Growth and Opportunities Act (AGOA), un accord commercial entre les États-Unis et 40 pays africains. Dans le cadre de l’AGOA, les chaussures d’Enda seront exonérées des taxes à l’importation.

Faire de la concurrence à Nike et Adidas, vraiment?

Dans la foulée de l’annonce de la commercialisation des chaussures Enda, de nombreux médias africains se sont hâtés de voir en la jeune start-up une alternative africaine, voire une concurrente à Nike, Adidas et de nombreuses autres marques. Pourtant, depuis le lancement, en 2016, de l’enseigne de chaussure sportive, la marque ne semble pas avoir réussi à atteindre l’étape supérieure. Même si elle reste un hommage mérité à la tradition de l’athlétisme kényan, Enda Athletics semble avoir du mal à convaincre un public occidental. Jusque-là, l’engouement suscité par le projet ne semble pas se refléter dans ses revenus. Malgré tout, rien ne presse. Les deux cofondateurs de la start-up ont largement le temps de mûrir certains paramètres de leurs projets.

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