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Bénin : Aurel Yahouédéou, le dessinateur autodidacte aux doigts magiques

Réaliser des illusions d’optique basées sur l’anamorphose, avec des dessins et photographies, Aurel Yahouédéou, béninois de 23 ans, étonne, surprend et sublime à travers sa passion qu’il a digitalisée grâce à sa formation en réseaux et sécurité des systèmes informatiques.

Il se remarque avec son chignon ou une chevelure parfois ébouriffée, l’air curieux mais discret. Aurel Yahouédéou naît et grandit dans une famille artistique où chaque membre a un talent inné. Passionné de mangas, il commence à dessiner à ses dix ans, plus tard, il s’amuse à faire la caricature de ses professeurs au Lycée et professionnalise son art après l’obtention de son baccalauréat.

Aurel Yahouédéou a commencé sans réelle conviction, Il cherchait surtout à faire comme moi sans s’y donner à fond. Aujourd’hui, je suis agréablement surpris par ce qu’il fait. Termyl le frère aîné d’Aurel, Déssinateur

Je perçois les choses autrement et ressens bien souvent une envie indomptable de les façonner à mon goût .Aurel

Son défi : donner le meilleur de lui-même en innovant à travers ses créations afin de toujours étonner, surprendre, émouvoir, dénoncer ou simplement sublimer. Au début, il utilise le crayon pour faire ses dessins. Ensuite le stylo et la peinture. Contraint par son orientation scolaire, il associe son art à l’informatique. Pour celui qui exprime « ses délires et son imagination » à travers son art, le digital lui accorde la facilité de concevoir ses œuvres et de les parfaire grâce à la possibilité du « retour en arrière. »

Repousser ses limites

La démarcation de mes œuvres est indépendante de moi. Une fois terminées, ce sont plutôt les plans dans lesquels je compte les intégrer qui les démarquent de ceux des autres

poursuit Aurel qui définit son art comme l’anamorphose, une illusion d’optique des dessins ou photographies les plus incroyables les unes que les autres. En plus du talent qu’on lui reconnaît, le jeune-homme d’1m74 s’est forgé lui-même, à travers des recherches qui l’ont emmené sur les traces d’anciens peintres, tels que Hans Holbein ou Salvador Dali. Il s’inspire de leur travail pour faire le sien, et surtout, le rendre plus moderne.

Il lui faut entre 8 et 10 heures de temps pour réaliser un portrait avec le maximum de détails.

« Je me demande parfois si ce n’est pas la photo des gens qu’il nous montre pour nous faire croire que c’est un dessin », blague Constant Serge Zinsou, un vieil ami de l’artiste, bluffé par la finition de ses dessins

Cette passion ne l’a pas empêché de poursuivre ses études. Parti à Dakar, il termine cette année, sa formation en réseaux et sécurité des systèmes informatique. Et quand il ne s’adonne pas au dessin, ce sont les cordes de sa guitare acoustique qu’il gratte pour se ressourcer.

L’ami des stars

Entre 2012 et 2018, Aurel Yahouédéou a été très prolixe. Il s’est laissé complètement habité par l’art au point de ne plus se donner de limites dans ses réalisations. Du Bénin (son pays d’origine) au Sénégal (sa terre de résidence), il est rentré dans une nouvelle ère de son art où il essaie de le faire découvrir à tous, sans toutefois attendre une appréciation, en faisant le portrait des stars du showbiz africain et même européen. Il cite, pêle-mêle : Dadju, Arafat Dj, Mhd, Niska, Kalash, Booba, Omar Sy, Naza, Keblack, Aya Nakamura,… Le projet qui l’a le plus marqué est la réalisation de la cover de l’artiste chanteur Franglish. Cela ne lui prend pas la tête, au contraire, il poursuit sans relâche son aventure.

D’un autre côté, Aurel est un homme qui a ses faiblesses.

C’est un gros rancunier (rires). Il lui arrive de me rappeler des petits coups malins que j’ai pu lui faire il y a 10 ans, dans les détails alors que je ne m’en souviens parfois plus du tout. Termyl, frère aîné d’Aurel

A Lire: Jean-Philippe Guidibi, PDG de Global Service Plus S.A., le Tycoon de l’immobilier au Bénin

C’est un homme très déterminé et persévérant. Persévérant en ce sens que j’ai rarement vu Aurel abandonner quelque chose qu’il n’arrivait pas à faire que ce soit dans le cadre du dessin ou pas. C’est une belle personne qui sait se battre pour ce qu’il veut et c’est pour cela que je l’admire.  Mauranne, sœur d’Aurel, passionnée de danse

A la question de savoir son choix entre l’art et sa profession pour faire carrière, Aurel Yahouédéou ne tranche pas:

la vocation, c’est le bonheur d’avoir pour métier sa passion.

Par : Michaël TCHOKPODO

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Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

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