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Cinq questions à Luc Alapini, la pépite Béninoise de l’intelligence artificielle

Sorti d’Université à 19 ans, Luc Alapini codait depuis ses années collège. Féru de la statistique et des mathématiques, il a fondé Enccore Analytics, une entreprise spécialisée dans la technologie, les données, l’intelligence artificielle et la finance. A 24 ans, il produit des solutions informatiques aussi bien pour les entreprises nationales qu’occidentales et a coaché une des équipes finalistes au Forum de l’innovation made in Africa organisé par le centre de développement de la cité de l’innovation et du savoir Sèmè City. Nous l’avons rencontré, entre plusieurs échanges.

 

Quelles sont vos impressions aux sorties du Forima ?

Je crois que le Forima est pour le Bénin et peut-être bientôt pour l’Afrique ce que Vivatech est à la France aujourd’hui. C’est un cadre unique qui permet aux entrepreneurs, aux investisseurs, aux porteurs de projet, aux étudiants, aux experts, au gouvernement de se rencontrer, de brasser les idées et de sortir des produits innovants au profit de l’Afrique d’abord.

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J’ai participé au Forima sous deux casquettes. Premièrement, j’étais mentor et accompagnateur d’une des équipes finalistes. Deuxièmement, j’ai été speaker parce que je contribue au Forima en tant qu’entrepreneur Béninois. Le Forima est né du projet Innov 2021 du programme du gouvernement Béninois il y a deux ans. J’ai eu la chance de faire partie des 30 personnes qui ont élaboré le programme. Et en tant qu’entrepreneur Béninois, je veux apporter ma touche aux initiatives locales.

En tant que mentor, quel état des lieux pouvez-vous faire de l’émergence des start-ups au Bénin ?

Aujourd’hui au Bénin, nous avons un niveau très encourageant parce qu’en un cours moment, il y a une énorme croissance. Nous avons beaucoup de talents et une jeunesse très motivée mais qui a besoin d’être formée aux usages du numérique, aux affaires et d’avoir de l’expérience. Je pense qu’aujourd’hui, nous sommes sur ce chemin et c’est à cela que sert le Forima, d’ouvrir les jeunes à de nouveaux talents et à de nouveaux experts pour qu’ils puissent échanger et devenir plus compétents.

Votre entreprise est spécialisée dans l’intelligence artificielle. Que faites-vous concrètement ?

J’ai créé mon entreprise Enccore Analytics depuis quatre ans au Bénin et elle intervient essentiellement dans l’analyse de données et dans les services internet et c’est à partir d’Enccore Analytics que nous avons fondé d’autres entreprises. Nous travaillons avec les PME béninoises et depuis que nous sommes passés d’une économie de service à une économie de produit, nous ciblons beaucoup plus des entreprises internationales.

Dans l’intelligence artificielle, j’ai un produit qui s’appelle Quoray Business Cloud dont l’objectif est d’apporter l’intelligence artificielle aux clouds de l’entreprise. Concrètement, ça permet à toutes entreprises de toute taille d’utiliser des usages de l’intelligence artificielle dans leurs activités au quotidien.

Exemple : comprendre en live ce que les gens pensent d’une entreprise sur les réseaux sociaux, analyser les sentiments du public sur facebook ou twitter, voir si les gens sont contents ou mécontents. Ou encore prévoir sa vente de l’année prochaine, si votre concurrent va vous battre dans 3 ans ou si votre employé va démissionner : ce sont autant d’usages de l’intelligence artificielle.

Y a-t-il des difficultés à l’émergence des start-ups au Bénin ?

Aujourd’hui, il y a de l’espoir. Pour commencer un business, la jeunesse a besoin de financement mais je note qu’il y a des initiatives pour que les financements soient disponibles pour les jeunes pousses. Ils ont besoin de compétences et de talents, mais c’est quelque chose qui est progressif. Il y a 5 ans, nous n’étions pas à cette étape. Je crois qu’il faut laisser la jeunesse continuer sur cette lancée en n’oubliant pas de l’accompagner côté financement et côté formation.

A Lire: Gilles Kounou, le trublion de la transformation digitale remue l’e-santé au Bénin avec goMedical

Quels sont vos projets à court et long terme ?

L’ambition tout de suite, c’est de créer un écosystème. Un entrepreneur ne grandit pas seul, il a besoin de compétences autour de lui et des compétiteurs, de personnes qui le challengent à aller de l’avant. Au-delà d’être entrepreneur pour soi, il faut participer à la communauté et créer cet écosystème d’entrepreneurs au Bénin qui compétissent entre eux et qui font élever le niveau en général.

Ça fait actuellement 5 ans que nous formons les jeunes de manière bénévole et nous continuerons à le faire. Nous encadrons individuellement beaucoup de jeunes qui s’approchent de nous. Bientôt, nous sommes en train de lancer l’initiative africaine pour la recherche et le développement qui est une organisation panafricaine dont l’objectif est de monter des camps de formation, d’incubation dans toute l’Afrique, non seulement pour la technologie mais aussi pour la science et l’innovation en 2019.

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Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

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