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David Adjaye : une fierté ghanéenne de l’architecture mondiale

Starchitecte! S’il n’a pas été inventé pour lui, le terme, contraction de « star » et « architecte », lui va si bien. En effet, le charisme et la réputation de David Adjaye dépassent largement les frontières africaines. Partout dans le monde, le ghanéen a réussi à devenir l’un des meilleurs architectes de sa génération.

Saviez-vous que l’une des sommités de l’architecture contemporaine était ghanéenne. Formé à l’école d’incontournables de l’architecture tels que David Chipperfield, David Adjaye est aujourd’hui l’un des architectes les plus de la planète. Que ce soit pour la construction du tout dernier musée de la culture afro-américaine, ou pour celle du concept-store d’Ayala, au Nigéria, son travail, représentatif du cocktail culturel qui a bercé son enfance, est un mélange avant-gardiste de modernité et d’écologisme. Le ghanéen a d’ailleurs remporté, il y a quelques semaines, avec Michael Van Valkenburgh, un concours pour transformé une parcelle du centre-ville de Détroit, aux Etats-Unis, en parc public.

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Le plus british des architectes africains

On a parfois l’impression qu’il est partout à la fois. Il faut dire que dès ses plus jeunes années, l’architecte a pris l’habitude de beaucoup voyager. Ce mixage de cultures a peut-être influencé sa vision assez internationale de l’architecture. David Adjaye est né le 22 Septembre 1966 à Dar Es salam, en Tanzanie. A cause des fonctions de son père, un diplomate ghanéen, la famille voyageait beaucoup. Ainsi, David Adjaye a successivement vécu en Égypte, au Yémen et au Liban, avant que ses parents ne s’installent à Londres.

David Adjaye est né le 22 Septembre 1966 à Dar Es salam, en Tanzanie.
David Adjaye est né le 22 Septembre 1966 à Dar Es salam, en Tanzanie.

Après ses études secondaires, il décide d’étudier l’architecture à la South Bank University de Londres. Une fois sa maîtrise obtenue, il peaufine sa formation auprès de maitres architectes tels que David Chipperfield et Eduardo Souto de Moura, tout en poursuivant ses études au Royal College of Art. Diplôme en 1993, il se distingue dès l’année suivante en remportant la médaille de bronze de la compétition annuelle organisée par l’institut royal des architectes britanniques. Son sens artistique de l’architecture et son utilisation des matériaux pour mettre en valeur la lumière, au niveau de ses constructions, impressionne déjà les architectes confirmés. En juin 2000, le ghanéen fonde Adjaye Associates, son propre atelier d’architecture.

Une « starchitecte »

Au fil des années et des constructions, le monde entier découvre le talent de David Adjaye. En 2005, il est chargé de la construction du Centre du Prix Nobel à Oslo. La même année, Adjaye Associates construit les Magasins d’idées de Tower Hamlets à Londres. Prouvant son efficacité sur divers types de projets, le Britanno-ghanéen commence à se faire un nom. En mai 2005, son premier livre « les maisons de David Adjaye: Recyclage, Reconfiguration, reconstruction » est bien accueilli par ses pairs.

Surfant sur ce succès David Adjaye construit, en 2007, le bâtiment du Musée d’art contemporain de Denver. Il est distingué, quelques mois plus tard, officier de l’Ordre de l’Empire britannique (O.B.E.) pour services rendus à l’architecture. Les constructions vont s’enchaîner.

David Adjaye bâtit l’Ecole de Gestion de Moscou SKOLKOVO, en 2010, puis deux bibliothèques communautaires à Washington DC, deux ans plus tard. En 2015, il remporte, l’appel d’offres du Sugar Hill, un projet de logements à prix modéré situé à Harlem, aux Etats-Unis. Tout le monde se l’arrache. Il remporte d’ailleurs l’édition 2015 du Prix Eugene McDermott des Arts.

David Adjaye remporte l’édition 2015 du Prix Eugene McDermott des Arts.
David Adjaye remporte l’édition 2015 du Prix Eugene McDermott des Arts.

David Adjaye devient une star. Il sera sollicité par Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU pour la construction de sa villa à Accra. Pour réaliser ce projet, l’architecte puise son inspiration dans le design japonais qu’il mélange à l’art yoruba et l’esthétique russe. Cette villa lui vaudra de nombreux éloges. Dans le sillage de son fondateur, Adjaye Associates prend également une nouvelle dimension. En juillet 2016, une femme d’affaires nigériane, Reni Folawiyo, demande à David Adjaye de construire un bâtiment avant-gardiste devant abriter le concept store Alara, un magasin moderne « qui devra tout de même garder une essence africaine ».

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Le résultat est un majestueux bâtiment noir et ocre de forme cubique, orné de motifs tribaux yoruba. Seulement quelques jours après cette construction l’architecte livre le Musée d’Histoire et de la Culture Afro-américaine, une commande de l’administration Obama elle-même. Construit sur trois niveaux, et arborant des statues de divinités Yoruba, cette construction vaut à David Adjaye une nouvelle salve d’éloges. Malgré son succès, David Adjaye n’a rien perdu de son identité africaine. Il prévoit même d’écrire un livre retraçant l’architecture africaine à travers les époques. Un moyen de célébrer le continent dont les constructions ont contribué à poser la pierre angulaire de son talent.

En 2017, le starchitecte sera anobli par la reine d’Angleterre. « Sir » sur les bords de la Tamise, le « starchitecte » est un véritable monarque de l’architecture en Afrique : le roi David Adjaye.

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