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Le CEO d’Exportunity, Vital Sounouvou, lance la révolution du E-commerce en Afrique

Exportunity est une plate-forme digitale de gestion des transactions commerciales entre les producteurs locaux et des acquéreurs en Afrique et dans le reste du monde, dont l’entreprise a été enregistrée en 2015 à l’Île Maurice.

 

Sur l’interface d’Exportunity, une zone de recherche : « trouver des fournisseurs fiables » saute à l’œil. La barre de menus oriente vers toutes les catégories de biens proposés, des adresses de fournisseurs, quelques petites annonces et même une possibilité de suivi d’une livraison. Le site enregistre 65 000 visites par jour et une quinzaine de commandes mensuelles de produits locaux en provenance de l’Asie.

Avant de construire le groupe Exportunity, Vital Sounouvou, 27 ans est un ingénieur en informatique et réseaux. En 2008, il faisait partie d’un groupe d’étudiants ayant organisé le carrefour international de l’innovation à Cotonou, une foire destinée à aider les producteurs locaux à se faire connaître et à décupler leurs commandes. Malgré les 120 jeunes mobilisés autour de l’événement, le challenge n’a pas pu être relevé.

J’ai eu la chance de créer le logo, le contenu graphique, former l’équipe de jeunes qui devait aller recruter les innovateurs sur le terrain. Cela m’a permis de connaître le pays et voir la réalité des producteurs locaux

se contente Vital Sounouvou, dont le thème de mémoire de fin de formation a trait au e-commerce :

comment utiliser internet pour aider les producteurs locaux à vendre leurs productions sur le marché.

 

Logo Exportunity
Logo Exportunity

« Deux échecs dont je suis fier »

Après son diplôme, Vital Sounouvou s’est inspiré de l’idée de projet du carrefour international de l’innovation pour créer successivement Eworbiz et Africa Mega Product, deux entreprises de e-commerce et « deux échecs dont je suis fier », assume-t-il.

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Grâce à sa volonté de changer la vie de millions de personnes en les accompagnant à créer leurs propres entreprises, il fonde en 2012 Exportunity, pour en faire un hub des opportunités d’exportation de la production africaine vers l’Afrique et le monde. Et pourquoi ?

se désole-t-il.

Ainsi, Exportunity sert de passerelle entre les producteurs locaux et les acheteurs, qu’ils soient des particuliers ou des entreprises. L’entreprise reçoit les commandes via sa plate-forme, négocie et achète les cultures auprès des producteurs locaux, les emballe et les convoie par container, en partenariat avec la Poste et d’autres structures de convoyage. Les transactions se font sur la base du commerce international pour rassurer les clients dont les Asiatiques, fréquemment demandeurs des cultures telles que : l’anacarde, le karité, le soja ; et dans une moindre mesure le maïs, le sorgho et le mil.

A part la diaspora africaine en Asie et en Europe, quelques pays africains sollicitent également les services d’Exportunity.

Mais le plus grand défi au niveau du commerce international demeure la crédibilité des clients dont certains nous font perdre énormément le temps, et le problème de logistique que nous rencontrons surplace

regrette Didier Amouzounvi, manager général du groupe, qui n’en fait pas des barrières infranchissables. D’où l’importance d’Exportunity pour résoudre ces problèmes.

Vital Sounouvou avec Arielle Ahouanssou et des collaborateurs
Vital Sounouvou avec Arielle Ahouanssou et des collaborateurs

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Du B2B au B2C

Au moment où sa start-up prenait ses marques dans l’écosystème entrepreneurial, Vital Sounouvou bénéficie en 2014, du programme Young African Leaders Initiative (YALI) aux Etats-Unis qui lui permet de travailler au Corporate Council on Africa à Washington DC et aux bureaux de Microsoft à Johannesburg. Pour avoir géré les relations africaines à la réunion annuelle d’investissement organisée par le gouvernement des Emirats Arabes-Unis à Dubaï, il sort nanti d’un impressionnant carnet d’adresses et de la confiance d’investisseurs internationaux. A l’Île Maurice où Exportunity est basée, l’entreprise est spécialisée et gagne ses marchés grâce au B2B.

Mais depuis l’année dernière, elle développe une phase test de ses activités en B2C au Bénin. De la commande au convoyage de produit, les Béninois souscrivent à toutes les étapes sauf en ce qui concerne le paiement en ligne, dont ils n’ont pas la culture.

Pour pallier cette difficulté, notre partenaire MTN et nous avons travaillé pour mettre en place des points physiques appelés trade point pour permettre au client qui doute de pouvoir payer, prendre un reçu et rentrer chez lui

rassure le directeur commercial Olivier Amouzounvi. Les trade point, c’est aussi un endroit où un client peut demander à acheter un produit à distance, et le réceptionner en 48 heures au maximum.

Depuis son déploiement il y a un mois, plus de 400 points physiques sont déjà installés à Cotonou, capitale économique du Bénin et dans les villes périphériques, avec pour ambition d’enrouler tous les 20 000 points mobile money dans tout le pays. Environ 500 traders actifs travaillent sur le terrain à réaliser les performances prévues. Et dans le même temps, les trade point rapportent un gain mensuel et unitaire de 15 000 fCfa.

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L’avenir du e-commerce en Afrique

Même si au Bénin, la stratégie mise en place par le groupe Exportunity peinait à prendre au départ, elle porte aujourd’hui efficacement ses fruits. De ce fait, Vital Sounouvou et ses équipes ambitionnent de répliquer le modèle développé au Togo et en Côte d’Ivoire avec respectivement, un programme d’enroulement de toutes les entreprises du Togo, et le lancement dès septembre de l’opérationnalisation des services grâce à l’appui d’Orange money avec qui les discussions sont très avancées.

Vue aérienne d'un Bureau d'Exportunity
Vue aérienne d’un Bureau d’Exportunity à Cotonou

Mais en Afrique, l’échec des plate-formes e-commerce ne se compte plus. Celui qui est classé parmi les 30 jeunes entrepreneurs Africains par Forbes en 2016 en fait toute autre lecture :

le e-commerce a beaucoup d’avenir en Afrique, il ne faut juste pas vouloir copier-coller un modèle européen ou américain en Afrique. Il faut développer un modèle e-commerce africain et c’est ce que nous faisons.

Et de poursuivre :

beaucoup de plateformes de e-commerce veulent faire du cash and delivery, c’est très mauvais. Nous vérifions tout à chaque étape. Le client paie avant que nous n’allions vers le producteur. Et l’acheteur a tous les moyens simples pour payer : mobile money, cash ou visa. C’est notre capacité à nous adapter au contexte africain qui fait la différence.

Comme une promesse, Vital Sounouvou annonce conquérir dans les trois prochaines années, 25 pays africains grâce à la stratégie des trade point développée au Bénin.

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Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

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