AFRIQUE DE L'ESTDirigeants d'EntrepriseFEMMES LEADERS
la Une

Haweya Mohamed, l’Ambassadrice et VRP de la technologie africaine Afrobytes

« Aujourd’hui, je raconte l’histoire d’une Afrique que je connais et pas forcément l’histoire d’une Afrique que les gens veulent voir. » Très attachée à ses origines africaines, Haweya Mohamed, française d’origine Somalienne de 40 ans, travaille à faire connaître l’Afrique qui entreprend à travers sa jeunesse portée vers les métiers du numérique et de l’innovation. Après d’impressionnantes expériences au sein de groupes audiovisuels en France et à l’international, elle fonde avec son associé Ammin Youssouf en 2015, Afrobytes, pour gommer les stéréotypes sur le continent africain et donner une chance à l’écosystème tech qui s’y développe. Le magazine InAfrik l’a rencontrée au cours de la 3ème édition de l’Africa Start-up Tour 2018 à Cotonou.

 

Magazine In Afrik : Qu’est-ce que Afrobytes ?

Haweya Mohamed : Afrobytes est une marketplace qui nous permet de connecter les écosystèmes tech du continent africain avec les écosystèmes business et tech du monde occidental.

LEX4

Pourquoi connecter la tech africaine à celle européenne ?

Nous sommes partis des besoins que nous avions recensés suite à nos visites de différents tech hub basés sur le continent africain. Unanimement, ils ont parlé de : visibilité, partenariats commerciaux solides et de fonds. Au niveau d’Afrobytes, nous nous sommes alors demandé comment on pouvait à notre niveau lever ces obstacles depuis la France, qui est un point de connexion assez intéressant pour beaucoup de gens. Il est plus facile de faire venir à Paris des investisseurs des Etats Unis, de Londres, Berlin etc. La même chose pour les médias à la recherche de nouveaux contenus sur l’Afrique et évidemment les groupes internationaux qui ont pour la plupart du temps leurs sièges sociaux sur place. Afrobytes, c’est donc du matchmaking, des connexions de la Sillicon Valley, en passant par l’Europe jusqu’à Hongkong.

A lire: TripAfrique, le leader de la réservation de tickets de bus en Afrique

Quelle est votre mission première ?

Le continent africain est aujourd’hui la dernière business-frontière. C’est la seule région du monde où il y a des taux de croissance intéressants, une région où les opportunités business et les perspectives de croissance sont importantes. Au-delà du continent africain, il reste l’Antarctique. Nous nous sommes donné pour missions de sortir le sujet de la tech africaine hors du continent africain afin de travailler de manière globale sur l’image de l’Afrique. Sur ce, nous partons du principe selon lequel lorsque vous n’aimez pas une marque, vous n’investissez pas sur elle.

Lorsque nous avons commencé Afrobytes, cela ne devrait pas être un événement, nous avions dans l’idée de mettre en place des applications destinées à la diaspora. Mais lors de nos premiers rendez-vous, il nous a fallu rassurer nos interlocuteurs, dédouaner l’Afrique sur les sujets tels que la corruption, la maladie… Nous avons constaté qu’il y avait un gros problème, que la marque Afrique souffrait énormément. C’est ainsi que nous nous sommes dit qu’il fallait travailler pour rassurer ces acteurs en vue de créer une collaboration inclusive.

Les 7 et 8 juin dernier, Afrobytes a organisé une MarketPlace au Medef pour promouvoir la tech africaine. Quel est votre bilan ?

Le Medef fut un choix symbolique et stratégique, c’est le cœur du business en France et en Europe. Il était important pour nous de donner une posture business au continent africain et pas celle d’un continent qui tend la main. Cette année, nous avons eu de nouveaux partenaires tels que : Google, Facebook, EDF, JC Decaux,… Leur intérêt pour le sujet marque un moment important dans cette dynamique. Notre objectif est de maintenir et d’accélérer cette dynamique mais aussi d’accélérer la stratégie des participants à Afrobytes.

Affiche marketplace Afrobytes
Affiche marketplace Afrobytes

De votre point de vue, les start-ups africaines comptent-elles vraiment à l’échelle internationale ou est-ce juste  la data africaine qui intéresse ?

Aujourd’hui, pour certains, l’innovation “Africaine” est un peu lointaine. Pour certains, elle reste même conceptuelle. Alors qu’il y a des choses incroyables qui s’y passe.

D’où l’importance comme je disais au début de l’interview de nous raconter nous-mêmes.

Pour la seconde partie de votre question, tout intéresse en Afrique. Les acteurs économiques internationaux ont bien compris que ne pas y aller serait une erreur stratégique. Ils ont aussi compris qu’ils ne pouvaient pas non plus y aller avec leurs anciennes méthodes. Pour y accélérer ou s’installer, ils doivent mieux comprendre le terrain. Et pour ça, ils ont besoin des écosystèmes tech qui comprennent et connaissent mieux que quiconque les besoins du terrain.

Comment lever le goulot d’étranglement du financement des start-ups en Afrique ?

Ceux qui lèvent des  fonds en Afrique sont souvent ceux qui ont fait une partie de leur vie à l’étranger. Qui ont eu le temps de se constituer des réseaux. Beaucoup d’entre eux travaillent déjà avec des grands groupes ; ce qui ajoute un fort taux de confiance auprès des investisseurs. L’un des plus gros problèmes identifié est le manque de business Angels sur le continent. Autrement dit, il manque les acteurs essentiels de l’étape la plus décisive qui est l’amorçage.

D’où l’importance de mettre en valeur les écosystèmes au niveau international, de créer la rencontre afin de favoriser l’intérêt et les échanges.  Pour le moment, le capital n’est pas africain mais il serait bon qu’il le devienne et pour cela, il faut créer un pont, pour l’instant entre deux mondes qui ne se connaissent pas vraiment : les grands groupes africains et les entrepreneurs innovants du continent, qui ne se parlent pas vraiment, mais avec qui ils pourraient y avoir des collaborations formidables.

A lire: Susan Mashibe, dirigeante de la seule entreprise de jets privés en Afrique

Vous participez à la 3ème édition de l’Africa Start-up Tour à Cotonou. Quelles sont vos espérances au terme de cet événement ?

Avec Afrobytes, nous avons commencé à travailler avec la partie anglophone du continent pour mieux revenir sur l’Afrique francophone. Je suis ravie d’être aujourd’hui au Bénin, de rencontrer des entrepreneurs de toute la région… Les projets sont vraiment intéressants, on a le temps d’échanger de discuter sur leur vision mais aussi de partager des informations. C’est l’un des plus grands défis aujourd’hui: l’accès à l’information et aux opportunités.

Haweya Mohamed, Founder & head of commuications Afrobytes
Haweya Mohamed, Founder & head of commuications Afrobytes

Comment entrevoyez-vous le futur de la tech hub africaine ?

Beaucoup de gens affirment que le prochain big thing viendra du continent africain. D’autres estiment même que cela viendra de la thématique éducation. Personne ne peut vraiment savoir mais ce qui est certain avec Afrobytes, c’est que nous positionnons notre écosystème aux avant-postes de la question.

Tags

Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

Articles Liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité