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La start-up MaTontine révolutionne la fintech au Sénégal

D’origine nigériane, Bernie Akporiaye innove dans le secteur de la fintech en cofondant en 2016 avec sa sœur Tosan Oruwariye à Dakar, la start-up de tontine mobile et de micro-prêts fiable MaTontine. Il ne cesse de bouger les lignes et espère conquérir toute l’Afrique francophone en « légalisant » cette forme de tontine traditionnelle.

 

Comme son nom l’indique, MaTontine est une start-up qui permet aux femmes, d’ailleurs majoritaire, de cotiser de l’argent via mobile money à une échéance régulière. Chacune d’elles ramasse à tour de rôle la totalité des fonds cotisés à des fins diverses. Au début, ça a été

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un test car on se demandait si les plus pauvres, qui constituaient notre cible principale, allaient adhérer à notre système et rembourser. En fait, on a eu 0% de défaut

se réjouit le fondateur de MaTontine dont la plateforme a déjà atteint le millier de clients.

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Suite à un problème de régulation des fintechs au Sénégal, MaTontine passe une année blanche et renaît de ses cendres avec un partenariat bien ficelé avec Cofina assurances. Ce qui permet aux femmes de bénéficier des prêts d’argent pour leurs différentes activités génératrices de revenus ou des contrats d’assurance. Pour tirer profit de cette affaire, la start-up MaTontine gagne ses revenus grâce aux commissions qu’elle perçoit sur les prestations de ses partenaires. Et déjà, elle espère atteindre les 4 000 adhérents d’ici l’année prochaine.

Logo matontine
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« Les Africains se comportent bien en matière financière »

Bernie Akporiaye, 51 ans, a vécu la plupart de sa jeunesse au Royaume-Uni où il a obtenu son master d’informatique d’University of Strathclyde (Ecosse). Après, il partira aux Etats-Unis pour travailler pendant quatre ans dans le domaine des logiciels financiers avant de rejoindre la capitale Sénégalaise à partir de 2010 avec son épouse dakaroise. C’est d’ailleurs là qu’il va mûrir l’idée de mettre en place MaTontine, en s’inspirant du système de tontine traditionnelle auquel s’adonnent les femmes.

Les taux de défaut de paiement n’y sont que 1% à 2% : les Africains se comportent très bien en matière financière. Pourtant, ils n’en sont pas récompensés par des crédits et des produits financiers accessibles

raconte-il à Jeune Afrique. Pour lancer sa start-up, Bernie Akporiaye et sa sœur ont investi la coquette somme de 430 mille euros, avant de réaliser avec succès, une levée de fonds de 800 mille dollars.

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Pour les 4 prochaines années, son plan est tout tracé : conquérir respectivement la Côte d’Ivoire, le Mali, le Cameroun et le Niger à partir de 2019 avec sa start-up. Mais avant, réussir à impacter le Sénégal avec ce produit qui se base sur les réalités endogènes des Etats africains d’expression francophone. S’il est anglophone, Bernie Akporiaye pense que c’est un atout pour son business car les anglophones redoutent le système francophone et lui, envisage atteindre un chiffre d’affaires de 292 mille euros d’ici fin 2018.

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