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Lolo Andoche, la référence du prêt-à-porter made in Africa

25 années de métier, une centaine de collections conçues, plus de 2 000 pièces de tenues confectionnées chaque mois et d’innombrables personnalités habillées. C’est le bilan d’un parcours atypique mais très inspirant du créateur de mode panafricain d’origine Béninoise Charlemagne Amoussou. Il fait le point à travers cette interview.

Lire la 1ère partie de l’interview: Charlemagne Amoussou, le génie créateur de la marque panafricaine Lolo Andoche

Magazine InAfrik : En 25 ans de métier, quel bilan faites-vous à mi-parcours ?

Charlemagne Amoussou : Il reste beaucoup à faire mais le bilan est très satisfaisant. Si nous voyons l’engouement qu’il y a autour de la mode africaine aujourd’hui, et nous, ayant été pionnier, on est très satisfaisant que la mode africaine commence à prendre. Partout dans le monde, il n’y a plus aucune collection sans un rappel à l’Afrique. Pour avoir travaillé à faire connaître le Bénin à travers la mode, c’est également un pas que nous avons fait dans la vie du pays. Mais nous continuons de révolutionner la mode, de repousser nos limites.

Vous êtes un modèle de réussite dans la mode en Afrique. Quel est votre secret ?

Le secret de Lolo Andoche, c’est la persévérance. Notre vision est claire, nous voulons y arriver et nous devons y arriver.

 

Malgré la notoriété de Lolo Andoche, on vous sent très discret ?

Lolo Andoche, c’est d’abord une marque. Je ne suis que le porteur du projet, de l’idée et de la vision qui l’entoure. Je préfère permettre à la marque de se faire connaître d’avantage que ma personne. Lolo Andoche, malgré nous, est considérée comme une marque de gens responsables.

Vous ne retrouverez jamais un mélange de couleurs extravagantes dans nos créations. Cela émane un peu de ma personnalité car je n’aime pas beaucoup être sous les projecteurs. Je préfère prendre le temps pour travailler et observer que de me mettre en lumière.

Lolo Andoche Style femme robe
Lolo Andoche Style femme

Comment envisagez-vous préparer la relève ?

L’art ne se transmet pas. Mais parmi mes enfants, il y en a un qui s’intéresse à la mode et qui dessine déjà. S’il prend le chemin, c’est bon. Cependant, pour maintenir une marque à long terme, on n’est pas obligé d’en faire une entreprise familiale. A un niveau donné, toute autre personne peut travailler pour la marque. Car, elle devient une maison, une industrie. Les postes clés peuvent être occupés par d’autres personnes, tant qu’il y a la compétence.

Quand on est au sommet de son art, comment gère-t-on la pression ?

Quand on est déterminé à y arriver, plus rien ne vous arrête. A la limite, je dirai qu’il y a des défis auxquels il faut faire face tels que : la gestion du personnel. Le personnel artisanal béninois n’est pas encore habitué à travailler en entreprise. C’est nous qui avons donné le pas, l’esprit et l’idée. Chacun d’eux pense qu’il est patron. Nous avons travaillé sur les retards et les absences au travail pour avoir un personnel stable afin de créer régulièrement des modèles. Vous imaginez qu’il faut à chaque fois créer des nouveautés ? En ce moment je peux parler de pression, mais on y arrive toujours puisque c’est un défi qu’on essaie de relever.

Les rencontres Africa

Combien de tenues sortent de chez Lolo Andoche chaque mois ?

Quand je mets ensemble tous types de productions, nous avoisinons les 2.000 pièces.

Lolo Andoche Style homme
Lolo Andoche Style homme

Combien d’employés participent au processus de couture dans vos ateliers ?

Aujourd’hui, nous travaillons avec une centaine de collaborateurs. Il y a des prestataires internes et des ouvriers qui travaillent directement avec nous. C’est tout un mélange entre l’administration et les personnes qui interviennent dans le processus de confection des tenues.

Quelle est votre plus grande ambition aujourd’hui ?

La plus grande ambition de Lolo Andoche, c’est de se faire vendre d’avantage partout dans le monde. Je ne veux pas me limiter à l’Afrique. Notre plan stratégique pour les trois années à venir est axé autour du développement de la marque Lolo Andoche à l’international. Nous étudions aujourd’hui les possibilités de distribution aux Etats-Unis et en France, où nous avons des discussions très avancées avec des partenaires.

A Lire: Le futur africain se construira avec son histoire

Pour finir, comment arriver à imposer la mode africaine à l’international ?

La mode africaine en général a déjà commencé par s’imposer dans le monde. Du coup, les grandes marques européennes s’inspirent toujours de la mode africaine. Je parlerai particulièrement de la mode béninoise qui est, pour moi, le cheval de bataille pour lequel le Bénin doit poser sa marque, son étalon dans ce domaine pour aller d’avantage de l’avant.

C’est pour cela que les stylistes Béninois se sont regroupés au sein d’une association dénommée : Association des Créateurs de Mode du Bénin (ACMB). Elle a été créée en 2016 et regroupe une cinquantaine de stylistes, présidée par moi-même, pour un mandat de trois ans renouvelables une fois.

Lolo Andoche Style femme
Lolo Andoche Style femme

Il s’agit d’un outil de promotion de la mode béninoise, pour améliorer la qualité des productions, et former d’avantage de personnel en vue d’aider les plus jeunes à avoir des opportunités. L’association s’est dotée d’un plan de développement sur les cinq prochaines années. Et il y a une série d’activités qui seront réalisées pour rendre exportable la mode béninoise.

Propos recueillis par : Mahude DOSSAH / Michaël TCHOKPODO

Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

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