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L’opportunité de la microfinance dans le secteur agricole en Afrique

Selon la Banque mondiale, le marché de l’agroalimentaire en Afrique pourrait passer de 330 milliards de dollars aujourd’hui à 1 000 milliards de dollars à l’horizon 2030. Une véritable aubaine non seulement pour l’Afrique et les Africains, mais aussi pour les investisseurs étrangers, en vue de l’adoption de mesures structurelles favorables à l’émergence du secteur.

 

Parmi les facteurs inhérents à la croissance soutenue de l’agriculture, il y a les offres de services au financement inclusif et à la microfinance au profit des agriculteurs. La microfinance agricole et rurale s’adresse à une catégorie d’acteurs économiques qui ne répondent pas aux critères bancaires : petites activités souvent informelles, faible dotation en capital ne permettant pas de fournir des garanties matérielles, faible capital humain ne permettant pas l’accès aux procédures bancaires.

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Insuffisance des offres de services en microfinance

L’offre de la finance dans le secteur agricole est encore à ses balbutiements en Afrique. Spécifiquement par finance agricole, on sous-entend les services financiers allant des prêts à court, moyen et long termes ; au crédit-bail ; à l’assurance cultures et élevage ; couvrant toute la chaîne de valeur dans le secteur de l’agriculture à savoir : approvisionnement en intrants, production et distribution, vente de gros, traitement et commercialisation.

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Les services financiers ruraux et agricoles sont fournis par les institutions financières formelles et informelles, ainsi que par le biais d’arrangements financiers au sein de la chaîne de valeur agricole. Alors que la majorité des populations africaines résident dans les zones rurales et dépendent de la production agricole, l’offre de services financiers au secteur agricole est insuffisante. Une proportion de tout juste 5% des ressources intérieures en moyenne est allouée à ce secteur.

Manque d’accès à la finance

Le secteur bancaire hésite encore à accorder des crédits aux entrepreneurs sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, estimant que l’investissement dans ce domaine reste risqué. De nombreuses raisons expliquent le manque d’accès à la finance dans les zones rurales et dans la chaîne de valeur agricole. Avant tout, les inégalités dans l’entrée des institutions financières formelles dans les zones rurales, maintiennent souvent les services financiers hors de la portée des agriculteurs non avertis.

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Mieux, l’instabilité de la solvabilité des bénéficiaires liées à l’incertitude des rendements de récolte et à la volatilité des prix de vente des denrées, reste un facteur à prendre en compte. Il y a également le risque de dégâts sur les cultures par des ravageurs, des problèmes phytosanitaires ou des aléas climatiques sévères. Et enfin, la variation des prix des intrants qui peut fausser les business plans.

Comment redynamiser et financer les PME agricoles

En dépit de ces difficultés, la finance rurale et agricole formelle fait des progrès sur le continent, en faveur de l’offre de services financiers innovants et de l’amélioration de la gestion des risques, aussi bien au niveau des clients qu’à celui des institutions. Les principaux exemples à cet effet, sont l’introduction de régimes indexés d’assurance intempéries au Malawi, les campagnes d’alphabétisation financière au Ghana, ou l’expansion des services bancaires mobiles au Kenya.

Le développement de la microfinance agricole et rurale permettra de toucher 63% de la population d’Afrique subsaharienne vivant dans les zones rurales et dépendant majoritairement de l’agriculture. À titre d’exemple, Equity Bank au Kenya finance les coopératives agricoles et offre un crédit « Kilimo Biashara », conçu pour rendre le financement accessible à 2,5 millions d’agriculteurs et 15 000 entreprises agricoles de ventes au détail (IFC, 2012).

Cas des startups

Des opportunités d’investissements très prometteuses sont également d’actualité avec le développement de startups dans le financement du secteur agricole, telles que Farmdrive du Kenya. Elle utilise les téléphones mobiles, les données alternatives et le machine learning pour combler le manque de données critiques qui empêche les institutions financières de prêter aux petits exploitants agricoles solvables.

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Au Sénégal, Bayseedo est une plateforme qui met en relation des agriculteurs qui ont des terres et qui ont besoin de financement à des particuliers qui veulent investir dans l’agriculture, en achetant des actions agricoles à durée limitée. L’investissement dans la microfinance agricole est un des leviers indispensables pour pouvoir accompagner la croissance et le développement de l’agriculture en Afrique. Des offres inclusives sur mesure doivent être développées en ne négligeant pas les Ntic.

Auteur : Pape Boly DIEYE, Analyste iCapital Ventures

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