AFRIQUE DE L'OUESTDIGITAL & STARTUPSDirigeants d'Entreprise
la Une

Marouane Jebbar, l’ingénieur Marocain à la conquête de l’Afrique de l’Ouest  par des drones made in Côte d’Ivoire

Après huit années passées à travailler au sein de différentes multinationales en qualité de spécialiste en cyber-sécurité, Marouane Jebbar, marocain de 34 ans part du confort de son emploi à Genève pour s’installer à Abidjan. Cet ingénieur en télécommunications développe à travers son ingéniosité, des services de réparation et de maintenance de drones avant de fonder Côte d’Ivoire drone pour fabriquer, monter et programmer des drones sur mesure et former des télé-pilotes professionnels. Aujourd’hui, Marouane Jebbar peut être fier d’avoir créé le tout-premier drone made in Côte d’Ivoire avec lequel il veut conquérir toute l’Afrique de l’Ouest.

 

Magazine InAfrik : Pourquoi avoir quitté le confort de votre poste au sein d’une multinationale en Europe pour entreprendre en Afrique ?

Marouane Jebbar : Depuis toujours, je rêvais d’être mon propre patron en créant une société, un produit ou un concept qui peut révolutionner l’Afrique. Après huit années d’expériences professionnelles, j’ai démissionné pour créer ma start-up. Au début, je voulais baser mes activités à Paris et vendre mes prestations en Afrique. Mais pour faire une bonne étude de marché, il faut être sur le terrain. J’ai alors décidé d’aller en Côte d’Ivoire à la demande de ma petite sœur. C’était une visite touristique qui s’est transformée en décision de m’installer.

LEX4

J’ai monté une première start-up qui n’a pas vraiment pris. Avec un peu de recul, j’ai bien étudié le marché jusqu’au jour où j’ai lancé mon premier produit qui s’appelait Abidjan drone Labs. C’était une page facebook de montage et de réparation de drones, ainsi que la formation des télé-pilotes de drones, qui est le leader dans le domaine en Afrique de l’Ouest. Vu l’ampleur que ça prenait, j’ai décidé de la transformer en société pour répondre aux demandes des professionnels et c’est ainsi que Côte d’Ivoire drone a vu le jour.

A lire: Jennifer CERES, un modèle d’engagement envers les agriculteurs de Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire drone : nécessité ou capitalisation de vos expériences en cyber-sécurité ?

Ce business de drone a été développé par besoin parce qu’il n’y avait pas de spécialistes dans le domaine. Dans ma première start-up qui existe toujours, on avait le projet www.city.ci, pour mettre en place le premier site internet qui promeut les lieux touristiques oubliés en Côte d’Ivoire. A un certain moment, pour prendre des photos, faire la cartographie et localiser certains endroits touristiques, on avait besoin d’utiliser des GPS. Mais avec cet outil, cela nous prenait assez de temps parce qu’il fallait marcher ou utiliser des voitures.

En cherchant des solutions, j’ai découvert la technologie du drone que je connaissais déjà sans savoir qu’il y en avait de civils. Nous avons acheté un premier drone pour survoler certains endroits touristiques mais il est tombé et s’est cassé. Grâce à mes connaissances en physique, électronique et aéronautique, j’ai essayé de le réparer. Ce que j’ai réussi en 4heures de temps en publiant à travers des vidéos, mes prouesses sur facebook. C’est ainsi que la page Abidjan drone Labs a été créée pour réparer les drones. Nous avons ensuite pensé à la fabrication de drones ; ce qui m’a motivé à lancer le business de drones civils en Côte d’Ivoire.

Que fait concrètement Côte d’Ivoire drone ?

Créée en octobre 2017, Côte d’Ivoire drone est une société spécialisée dans la fabrication, le montage et la programmation des drones sur mesure, que ce soit des multi-Copter (drone avec plusieurs moteurs) ou des ailes volants (qui ressemblent à des avions). La société dispose d’un cabinet de formation d’autopilotes professionnels et nous faisons également la réparation et la maintenance des drones civils.

Logo Abidjan Drone Labs
Logo Abidjan Drone Labs

Côte d’Ivoire drone fait des prestations de services de lever topographique dans le domaine du Bâtiment Travaux Publics et du génie civil et des ouvrages industriels tels que les panneaux photovoltaïques et les toitures d’usines. Nous opérons dans le domaine des mines, carrières, énergies et dans l’agriculture de précision. Avec les drones, nous sommes capables de détecter les maladies sur les plantations, compter les plantes, surveiller les plantations et détecter le taux d’azote au sol qui donne accès aux conseils en fertilisation.

La technologie de drone prend de l’ampleur ces dernières années en Afrique. Quel est votre point de différenciation ?

Côte d’Ivoire drone est sur toute la chaîne de cette technologie. Nous commençons par la fabrication, le montage et la programmation des drones sur mesure en passant par la réparation, la maintenance de toutes marques et tous types de drone pour finir par la prestation de services et la formation des télé-pilotes professionnels. Le challenge est d’adapter cette technologie au marché africain en termes de besoin, de disponibilité et de pouvoir d’achat. Nous avons quelques concurrents mais en termes de réparation, conseils et exécution de marché, ils dépendent toujours de nous et cherchent toujours à avoir des partenariats avec notre structure.

Nous avons à notre actif, 10 drones montés et livrés à certains clients sans compter les autres prestations de services. Nous sommes en partenariat avec des entreprises de référence telles que : MSC (une compagnie maritime internationale), PFO Africa (spécialiste en BTP et génie civil), MTN Côte d’Ivoire, SOGB (SOCIETE DES CAOUTCHOUCS DE GRAND-BEREBY), la GIZ, la SISAG (spécialisée dans les mines), la route africaine pour la construction des voies, Bolloré Africa Logistics, CEMEC (Société chinoise de construction d’infrastructures routières). Par ailleurs, nous sommes en pleine négociation avec l’ARDCI et le Ministère des eaux et des forêts de Côte d’Ivoire.

Quel est le processus de fabrication des drones ?

Toute fabrication part du type de mission que va exécuter le drone. C’est ce qui définit l’autonomie, le châssis, la caméra et capteurs embarquée, le GPS ou RTK embarqué, l’architecture et le design et l’autonomie du drone. Sur la base d’un cahier de charges, nous travaillons sur la maquette 3D du châssis de drone, l’impression 3D et nous commandons les pièces : moteurs, hélices et électronique. Nous travaillons avec l’Open Source et nous acquérons des pièces qui peuvent être programmées par nous-mêmes afin d’orienter le drone vers une mission bien spécifique : l’agriculture, la surveillance, les travaux BTP et le lever topographique.

A lire: Ange Frédérick Balma, la pépite ivoirienne de la transformation digitale

Après la fabrication, on passe à la phase test pour vérifier la sécurité et la fréquence de communication du drone. Le processus peut prendre plusieurs jours avant la validation du produit, qui précède l’installation de la station de pilotage du drone. Elle est munie d’écrans pour assurer le retour vidéo de la caméra. Enfin, il faut doter le drone d’une commande, un ordinateur à bord qui permettra de le programmer pour effectuer des missions précises.

Quelles sont vos ambitions à moyen et long terme ?

L’objectif est de contaminer toute l’Afrique de l’Ouest avec cette technologie, de la rendre accessible et la vulgariser dans tous les secteurs d’activités. Nous venons de fabriquer le premier drone made in Côte d’Ivoire avec son propre logiciel informatique de traitement de données. Sur le long terme, nous comptons nous installer dans toute la sous-région et monter la première académie de formation de pilotes de drone dans toute l’Afrique de l’Ouest.

Tags

Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

Articles Liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité