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Nawali, la plateforme Sénégalaise de gestion immobilière destinée à la diaspora

Femme, mère au foyer et entrepreneure : ces trois casquettes, Aïta Magassa, franco-Mauritanienne de 34 ans, les portent si bien. Elle qui a toujours été attirée par les femmes influentes et dévouées, trouve sa voie dans l’entrepreneuriat en cherchant à solutionner les difficultés d’acquisition immobilières de ses proches. Titulaire d’un Brevet de Technicien Supérieur en assistante de gestion PME/PMI, Aïta Magassa a effectué dix années d’expérience en gestion locative et a travaillé entre autres, dans l’insertion, le logement social, l’édition et la cosmétique. C’est sur fonds propres qu’elle a lancé Nawali, une plateforme de gestion immobilière sécurisée et orientée vers la diaspora, qu’elle détaille dans cet entretien.

 

Magazine InAfrik : Pouvez-vous nous pitcher Nawali depuis l’idée de projet jusqu’à sa création ?

Aïta Magassa : Il y a un peu plus d’un an j’ai voulu investir dans mon pays d’origine et je me suis heurtée à toutes les complexités pour pouvoir réaliser ce projet. Au final, je n’ai pas investi car les obstacles ont été trop nombreux. Je me suis donc penchée sur ce problème car depuis trop longtemps, mon entourage et ma famille sont victimes de problèmes fonciers ou d’acquisition. J’ai donc imaginé une sécurisation des biens avant commercialisation.

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J’ai fait plein de recherches, aucune structure n’était en mesure de me proposer cela avec une telle sécurité. J’ai donc décidé de monter mon agence et de me mettre en partenariat avec un cabinet qui justement contrôle et permet d’immatriculer les terres en Afrique ; ce qui contribue à lutter contre la fraude immobilière en Afrique. J’ai fait la rencontre de mon collaborateur de la Division de Gestion et de Vérification de Biens (DGVB) et nous avons mis en place cette sécurité avec Nawali certifié par la DGVB.

Quel a été le déterminant d’une telle entreprise, vu la rareté des femmes dans le secteur immobilier ?

Cette entreprise a été créée car personnellement, j’avais besoin qu’une telle entité existe et subvienne à mon besoin d’investissement. Et justement puisque les femmes sont aussi rares dans ce secteur, c’était un élément très déterminant car en mettant en place une entreprise comme Nawali, il fallait mettre en place une proximité avec les clients et une confiance. Pour moi, il n’y avait pas mieux qu’une femme pour proposer cela.

Que faites-vous concrètement ? De la vente de biens immobiliers, la location ou les deux ?

Très concrètement, je fais de la commercialisation de terrains et de biens immobiliers et également je vais être amenée à accompagner les futurs investisseurs dans leur projet avec des packs tout compris de l’acquisition du terrain à la construction. Parallèlement, je suis également apporteur d’affaire pour des promoteurs immobiliers.

Pourquoi avoir prioritairement ciblé la diaspora ?

La diaspora est la clientèle cible car je suis partie du constat qu’aujourd’hui, aucune entreprise ne propose un service simple et sécurisant à cette clientèle pour l’investissement immobilier en Afrique. La particularité de Nawali est la certification que nous garantissons avec l’expert DGVB qui contrôle les biens avant la commercialisation. Cette clientèle est trop souvent victime de la fraude immobilière et il fallait rassurer en proposant un nouveau service. Je pense aussi que ma génération est consciente et qu’elle se doit d’investir en toute sécurité dans ses terres, l’émergence immobilière sera ainsi en marche.

Que veut dire Nawali et pourquoi avoir donné cette appellation à votre entreprise ?

Nawali vient du dialecte soninké qui veut dire bienvenue. J’ai donné cette appellation car le continent africain nous attend nous de la diaspora et nous souhaite la bienvenue. Donc, allons-y, n’ayons pas peur, investissons en Afrique car le continent nous accueille à bras ouverts et tout le monde le sait, l’avenir est en Afrique.

Comment une franco-mauritanienne peut-elle lancer un business au Sénégal et non dans son pays d’origine ? Y avait-il un marché à prendre au pays de la Téranga ?

Une raison tout simplement logistique car mon partenaire de la DGVB est Sénégalais et son cabinet est à Dakar. Cela a été un élément important, autant commencé dans un pays ou lui était déjà implanté. De plus, le Sénégal me paraissait être le pays le plus fiable et le plus attirant pour la diaspora. Effectivement, les clients qui investissent au Sénégal sont d’origine très diverses.

Qu’est-ce qui vous distingue des nombreuses agences immobilières qui existent déjà sur le continent ?

Je suis en contact direct avec ma clientèle cible, mes collaborateurs locaux des différents pays sont mes hommes de terrains locaux. Et surtout, j’ai la certification unique de la DGVB, ce qui me distingue des autres agences immobilières. De plus, je propose une solution d’investissement unique : la tontine Nawali. Elle permet aux adhérents de pouvoir constituer un capital disponible afin de réaliser un projet immobilier chez Nawali.

Plusieurs problèmes entourent l’acquisition des biens immobiliers en Afrique. Quelles garanties offrent Nawali ?

La garantie Nawali, c’est tout simplement de s’assurer d’une acquisition saine car toutes les vérifications sont faites par un partenaire qui a une expertise dans le domaine. Toutes les précautions sont prises afin d’écarter tout risque de litige foncier (terrain nu, l’immatriculation est immédiatement faite…). NAWALI propose une plateforme innovante et fiable.

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De la recherche d’un bien immobilier à sa vente, comment se déroule le processus ?

Les référents locaux que je recrute sont chargés de proposer l’offre Nawali auprès des agences ou promoteurs immobiliers locaux. Des partenariats sont ensuite mis en place avec ces professionnels. Les biens sont vérifiés par mon expert de la DGVB et ensuite commercialisés par Nawali via mes réseaux. Si un client se présente, il signera un compromis de vente avec Nawali. La vente est ensuite enclenchée avec un acompte. Mes référents se chargeront ensuite de régulariser les documents administratifs qui seront ensuite remis en main propre au client, en échange du montant complémentaire.

Neuf mois après sa création, quel est aujourd’hui le chiffre d’affaires de Nawali et combien d’employés y travaillent ?

En 9 mois, Nawali a acquis un CA à 5 chiffres. L’équipe Nawali est constituée de 3 référents pour chaque pays (Mali, Mauritanie, Côte d’Ivoire) qui sont sous la responsabilité de mon collaborateur de la DGVB qui est le responsable de l’équipe des référents, tous sous ma responsabilité. Nous sommes donc 5 pour le moment.

Quel est votre modèle économique ? Et combien de biens immobiliers avez-vous réussi à vendre depuis votre implantation ?

Mon modèle économique au démarrage est un partenariat efficace avec des professionnels immobiliers. Par la suite, je vais constituer mon propre parc immobilier et vendre des terrains avec immatriculation et clôture compris.

Une cinquantaine de terrains ont été vendus et une dizaine d’appartements neufs sont réservés.

En tant que femme, faites-vous face à des préjugés ? Si oui, comment y réagissez-vous ?

Oui, les inconvénients que je peux avoir dû à ma vie de mère de famille me donne parfois le droit à quelques remarques. Mais, je ne m’attarde pas sur cela vous imaginez, sinon, j’aurais jamais le temps de faire tout ce que je fais.

Quelles sont les autres difficultés qu’une femme, mère et entrepreneure rencontre au quotidien ?

Le manque de temps, il faut savoir s’organiser et surtout couper court avec le travail et se donner du temps en famille. J’ai d’ailleurs écouté les conseils d’une femme entrepreneure qui m’a conseillé de me mettre des horaires pour Nawali afin de ne pas déborder. Cela parait logique mais lorsque l’on est passionnée par ce que l’on fait, on peut vite être absorbé.

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Avec le succès que connaît Nawali, quelles sont vos ambitions dans les cinq prochaines années ?

Je souhaite d’abord que Nawali existe toujours, m’élargir sur tout le continent africain et toucher des clients internationaux également si Dieu le veut.

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Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

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