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Présidentielles au Nigéria : Obiageli Ezekwesili, la « dame de fer » face à Mahamadu Buhari en 2019

Au Nigéria, Obiageli Ezekwesili (alias Oby Ezekwesili) ne se présente plus, pour avoir occupé d’importantes fonctions nominatives au sommet de l’Etat et pour son activisme aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale. Avant-gardiste du mouvement « Bring Back Our Girls », Oby Ezekwesili s’affiche clairement comme la première femme à l’élection présidentielle au Nigéria.

 

En face d’elle à l’élection présidentielle de février 2019, Obiageli Ezekwesili aura en face d’elle, entre autres candidats, Mahamadu Buhari, un président affaibli par le poids de l’âge et dont la présidence aura été marquée par des faits de corruption, des actes dévastateurs et pervers de la secte Boko Haram, mais aussi, par son état de santé très critiqué. L’initiatrice du mouvement et du hashtag « Bring Back Our Girls » pour libérer les 276 lycéennes de Chibok détenues par la secte Boko Haram, a encore de l’énergie, les idées bien en place et des ambitions pour son pays, malgré ses 55 bougies.

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Parcours et influence

Son entrée en politique intervient dans les années 2000, au cours du mandat du président Olusegun Obasanjo. Elle commence les marches vers son incontournable et percutante ascension politique en tant que chargée du suivi budgétaire et du suivi des achats. A ce poste, Obiageli Ezekwesili ne fait pas que bonne impression. Elle imprime par sa rigueur et son efficacité, un nouveau dynamisme d’assainissement dans les marchés publics et contrats. Imposant son rythme, elle gagne en confiance et en assurance auprès du chef de l’Etat et sera nommée en juin 2005, ministre des extractions minières. Un an plus tard, elle sera promue au poste de ministre fédérale de l’éducation.

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Ce début de parcours politique est bel et bien ancré sur une connaissance et une formation pointues. La co-fondatrice de l’institution internationale de lutte contre la corruption au sein des structures gouvernementales Amnesty International, est titulaire de deux diplômes de maîtrise. Le premier en Droit International et en Diplomatie à l’Université de Lagos et le second en administration publique à  John F. Kennedy School of government, à l’Université Harvard.

A partir de 2007, elle quitte la politique le temps d’occuper quelques postes internationales et de faire parler d’elle à travers son militantisme. En mars de la même année, elle est nommée vice-présidente pour la Région Afrique de la Banque mondiale. Après cinq bonnes années au sein de cette institution, la candidate déclarée à l’élection présidentielle du Nigéria prendra la tête du conseil d’administration de Bharti Airtel, leader mondial de télécommunications implanté en Afrique, ensuite du Fonds mondial pour la nature. D’autres postes nominatifs ont suivi. Tout ce parcours a été couronné en 2014, par sa reconnaissance comme l’une des 100 femmes influentes du monde.

Obiageli Ezekwesili
Obiageli Ezekwesili

Retour en politique, pour la présidence ?

Deux années avant cette distinction,  l’Université de l’Agriculture Abeokuta attribuait à Oby Ezkwesili, le diplôme de doctorat honorifique en Sciences (DSC). Mais dans la vie, quand les combats qu’on mène n’aboutissent pas, on a le sentiment d’avoir manqué de faire l’essentiel. C’est du moins le sentiment qui se traduit à travers ses propos rapportés par TV5-Monde :

j’en ai assez comme la plupart des Nigérians du statu quo (…) nous voulons bousculer notre paysage politique et faire naître un nouveau mode de gouvernance. Et la seule manière de faire, c’est de repenser notre façon de faire de la politique. C’est pour ça que je suis candidate à l’élection pour devenir présidente de la république fédérale du Nigéria en 2019.

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Son engagement est certain. Sa voix porte, car n’étant pas novice dans le système. Mais ses actions, elle veut avoir l’occasion d’en donner la preuve quand elle dit ceci :

nous voulons rendre les Nigérians si autonomes pendant notre présidence, que même lorsque nous ne serons plus au pouvoir, ils seront armés pour continuer le combat et faire les bons choix, car aucune démocratie ne se développe et ne mûrit sans une citoyenneté active.

Il se reste qu’à la prendre aux mots. Et surtout, espérer qu’elle soit plébiscitée pour constater la réalisation de ses promesses d’avant-campagne électorale.

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Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

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