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Sénégal : Pierre Goudiaby Atépa, l’indomptable bâtisseur à la conquête du pouvoir

S’il a renoncé à sa candidature à l’élection présidentielle au Sénégal en 2012, Pierre Goudiaby Atépa, architecte émérite, du haut de son impressionnante expérience professionnelle, son carnet d’adresses assez fourni et sa proximité avec le milieu politique, a confirmé le vendredi 17 août dernier, sa candidature à la présidentielle de 2019.

 

Quand j’ai pénétré dans le palais présidentiel, il [le président Macky Sall, ndlr] m’a salué en m’appelant « Monsieur le candidat ». Je lui ai répondu : Monsieur le président, nous sommes deux candidats dans cette salle : vous et moi. Le Premier ministre s’est même précipité pour dire qu’il serait mon directeur de campagne.

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Sa candidature à peine dévoilée, ça s’annonce déjà bien pour le plus célèbre architecte du Sénégal, comme il le confie à Jeune Afrique, après des visites aux présidents Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, actuellement en fin de mandat.

Sans parti pris, Pierre Goudiaby Atépa revendique la neutralité de sa candidature, en se positionnant comme une nouvelle alternance basée sur la politique des résultats et la transparence dans la gestion. Si six années plus tôt, en 2012, il hésitait à se lancer dans la quête du pouvoir, il est aujourd’hui convaincu de l’opportunité de sa candidature, car :

la corruption a atteint un niveau critique, qui menace les fondements même de notre société

alerte-il. Aussi, la politique politicienne prend-elle des proportions jamais égalées dans le pays. Pour cela, il voudrait consacrer le reste de sa vie aux Sénégalais afin de leur restituer une partie de ce que Dieu lui a donnée.

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Un chantier titanesque

Pour démarrer les hostilités, Pierre Goudiaby Atépa publie un ouvrage titré : Sénégal-Rek, ensemble pour une refondation. Un livre qui peint en noir la gestion globale du président Macky Sall, mais principalement sur les plans de la construction des infrastructures routières, la protection de l’environnement, la gestion des fonds publics et l’indépendance de la justice.

J’estime qu’il est nécessaire d’avoir une justice telle qu’on l’a connue du temps du président Isaac Forster [le premier président de la Cour suprême de justice sénégalaise, ndlr]

souhaite-il. Et même s’il y a une trentaine de candidats qui aspirent à diriger le pays de la Téranga, l’architecte a de grandes ambitions pour son pays et n’entrevoit que l’avenir du Sénégal.

Pierre Goudiaby Atépa
Pierre Goudiaby Atépa

Pierre Goudiaby Atépa voit les choses en grand : il veut créer un million d’emplois dans le secteur du pétrole et du gaz, en construisant une ville nouvelle près des champs pétroliers, dénommée Petropolis. L’éducation étant incontournable pour la formation des ressources humaines de qualité, un projet de modernisation de l’université de Dakar est envisagé pour former le citoyen de demain, à-même de répondre aux besoins de l’offre sociétale et aux mutations technologiques. Côté développement local, la loi sur la décentralisation sera revue, afin de donner plein pouvoir aux autorités locales pour une gestion efficace et durable des collectivités à la base. Une avancée qui permettra le redécoupage administratif du territoire, à travers la réduction du nombre de régions de quinze à sept.

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Un homme, un parcours, un destin

Toutes ces actions ne sont qu’une ébauche de la vision que se fait cet homme d’exception pour le Sénégal du futur.

Il décrochera son diplôme d’ingénieur en sciences de la construction et plus tard, celui en architecture avec la thèse : la Ville idéale africaine. Pour se lancer véritablement, il crée son cabinet d’architecture en 1977 et sa société d’ingénierie technique, financière et immobilière, Atepa Technologies en 1985. Et s’il a acquis de l’influence et un carnet d’adresses impressionnant, c’est fort de ses réalisations à l’échelle continentale. A son actif, on note d’atypiques architectures notamment en ce qui concerne la construction en forme de baobab, du siège de la Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest, en 1975.

Classé parmi les dix meilleurs aéroports mondiaux le 14 août 2010 par Rowen Moore du journal britannique The Observer, l’aéroport international de Banjul en Gambie a été construit par lui. Et ce n’était que le début. L’imposant siège de la CEDEAO au Togo, édifice de 13 étages, est également son chef-d’œuvre. Sans oublier entre autres la construction de l’agence de la Société générale de banque dans la zone industrielle à Dakar et la Porte du Troisième millénaire, inaugurée en 2001 sur la grande corniche de Dakar, face à l’océan…

aéroport international de Banjul oeuvre de Pierre Goudiaby Atépa
aéroport international de Banjul oeuvre de Pierre Goudiaby Atépa

Le rêve d’un Sénégal développé

Grâce à toutes ces réalisations qui ne sont qu’un échantillon de la longue liste de ses bâtiments construits en Afrique et dans le monde, Pierre Goudiaby Atépa s’est fait d’innombrables relations tant en politique que dans les affaires. Ce qui a fait de lui, le conseiller spécial de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade pendant les douze ans de pouvoir du régime libéral. Ce rapprochement avec la politique, il le justifie à travers la nécessité de se faire copter par un régime afin de contribuer au développement de la cité. C’est dans cette volonté d’impacter les communautés qu’il sera élu président du Collectif des cadres casamançais et œuvre pour le retour de la paix dans la région irrédentaire.

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En qualité d’homme d’affaires, il étend ses tentacules dans d’autres pays africains tels que : la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali, le Togo, la Mauritanie, le Tchad, la République démocratique du Congo ou encore le Burkina Faso. Il y a 12 ans, Pierre Goudiaby Atépa ouvrait un Espace Atepa sur les Champs-Élysées à Paris et en 2010 un bureau à Pékin. Prochaines destinations ? New York et Tokyo. Mais ce bâtisseur et véritable globe-trotteur a été élu en 2015, président du conseil d’administration de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), basée à Abidjan (Côte d’Ivoire). A 71 ans, au soir de sa vie, il n’a qu’un seul rêve : apporter sa pierre à l’édification du Sénégal.

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Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

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