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RDC : Seth Kikuni, la caution jeunesse du scrutin présidentiel

En RDC, la jeunesse souhaite avoir voix au chapitre lors des élections présidentielles, et pas seulement dans les urnes. Comme un symbole, le premier aspirant présidentiel à déposer sa candidature a 36 ans et s’appelle Seth Kikuni.

Alors que les médias ont les yeux tournés vers le duel entre Emmanuel Shadary Ramazani, le candidat du président sortant, et Martin Fayulu, le candidat soutenu par Jean-Pierre Bemba et Moise Katumbi, le plus jeune candidat du scrutin continue de battre campagne. Malgré ses chances, a priori inexistantes, d’accéder à la magistrature suprême, Seth Kikuni continue de se battre, affichant une conduite irréprochable et une maturité que certains des candidats, de plusieurs années ses ainés, gagneraient à acquérir.

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Offrir aux congolais une nouvelle histoire

Pour Seth Kikubni, sa candidature répond à un besoin profond de changement exprimé par la population de la RDC.

« Les congolais veulent entendre une autre histoire : celle d’un citoyen ordinaire, enfant de fonctionnaire qui a travaillé et décidé de mettre au service de la communauté nationale la compétence acquise dans le secteur privé. C’est cette histoire que tous mes compatriotes et moi-même voudrions raconter demain à nos enfants »

seth kikuni Candidat aux élections présidentielles de la RDC

assure le candidat de 36 ans. Effectivement, le principal atout de Seth Kikuni est son parcours, auquel peuvent s’identifier même les populations les plus démunies de la RDC. Né le 14 décembre 1981 à Kinshasa, le jeune homme a grandi dans une famille modeste de la capitale. Le père de famille, Kikuni Saido était fonctionnaire au ministère des mines. Après des études primaires effectuées à l’établissement Saint-Georges, et un cursus secondaire au collège Frère Alingba de la Congrégation Lassallienne, Seth Kikuni obtient son baccalauréat en 2001. Quelques mois après être entré à l’université  de Kinshasa, il décroche une bourse d’études universitaires pour la Turquie. Après une période d’apprentissage de la langue turque, il entre à la faculté des sciences politiques de l’université d’Ankara. Son excellence lui permet d’y obtenir une autre bourse d’études pour suivre ses cours de maitrise à l’institut des sciences sociales de l’université franco-turque de Galatasaray. Il obtiendra sa maitrise en 2010, avant de rejoindre l’université de Pretoria, en Afrique du sud, en tant que chercheur. En 2012, Seth Kikuni rejoint le groupe sud-africain MMola Investments group, une entreprise disposant de nombreux actifs dans les domaines de la télécommunication, de l’hôtellerie et de l’mmobilier. Il en deviendra le directeur exécutif. En 2014, Seth Kikuni quitte son poste au sein de l’entreprise sud-africaine pour créer KMS Investments. L’entreprise qui investit aujourd’hui dans plusieurs start-up, en RDC comme en Turquie, permet au jeune homme de gravir l’échelle sociale de son pays. Aujourd’hui, il souhaite partager ses acquis avec toute la population de son pays.

Rompre avec le système en place

« Je fais partie de la génération des jeunes congolais en colère et indignés par ce qui se passe au pays. J’ai grandi dans les années 1990. J’ai connu les deux pillages, l’année blanche à l’université, la débrouillardise pour survivre, les deux grandes guerres », rappelle avec désolation Seth Kikuni au micro de Jeune Afrique. Pour lui, son pays est resté trop longtemps embourbé dans un système néfaste qui prévaut depuis plusieurs années. Cette situation est à la base des ambitions présidentielles de Seth Kikuni. « J’ai toujours gardé en moi l’envie de m’engager en politique pour offrir à la jeunesse de mon pays quelque chose de meilleur. Parce qu’en réalité, rien n’a changé depuis. Dans une interview accordée à journal turc en 2010, j’affichais déjà ma volonté de briguer la magistrature suprême de mon pays », explique le candidat de 36 ans. Toutefois, Seth Kikuni tient à préciser que sa rupture concerne également certaines pratiques de l’opposition. « Ceux qui ont prôné une idéologie de la rupture avant moi se sont complètement perdus parce qu’ils ont commis l’erreur d’entrer dans le système »

, déplore le jeune candidat.

Lire aussi : Des pays africains parmi les plus vulnérables sur six

Ainsi, malgré le peu de chances de réussir, Seth Kikuni continue de battre campagne pour une élection qui vient encore une fois d’être repoussée. Son histoire pourrait être belle, mais la RDC nous a plus habitués aux drames qu’aux épopées romanesques. Qu’à cela ne tienne. A défaut d’être président, Seth Kikuni sera, au moins, un symbole.

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