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TripAfrique, le leader de la réservation de tickets de bus en Afrique

D’origine ivoirienne, Adama Touré est un briscard du marché financier européen. Avant de faire ses 10 années d’expérience, il a été diplômé de l’Executive MBA HEC Paris, détenteur de l’Advanced Certificate in Services du WP Carey School of Business aux Etats-Unis et titulaire d’un DEA en mathématiques appliquées à l’Université d’Abidjan. Sympathique, travailleur et très ambitieux, ce père de trois enfants se consacre désormais au développement d’opportunités en Afrique par l’investissement, la création de sociétés, d’emplois stables et la promotion de l’entreprenariat sur le continent.

 

Magazine InAfrik : Quelle anecdote sous-tend la création de TripAfrique ?

Adama Touré : En tant que gérant de portefeuilles spécialisé sur les marchés émergents à Paris, puis à Londres, j’étais amené à me déplacer régulièrement en Afrique. Je rencontrais des difficultés dans l’organisation des déplacements entre deux villes. Par exemple, pour aller de Saint-Louis au Sénégal à Odienné en Côte d’Ivoire, il faut solliciter le concours de ses contacts locaux pour s’orienter. Ce qui est simple et facile à faire en Europe ou en Amérique du nord, est extrêmement compliqué sur un continent de plus d’1, 2 milliards d’habitants. Par ailleurs en Afrique, il est difficile d’avoir des informations sur les lieux ou œuvres touristiques à visiter. D’où l’idée de créer cette plateforme qui agrège les informations de voyages et de promotion du tourisme.

Quels problèmes voulez-vous régler en investissant dans le transport en Afrique ?

Le transport est le premier vecteur de connexion entre les peuples. Ainsi, les populations devraient aisément interagir en reliant Koudougou (Burkina Faso) à Johannesburg (Afrique du Sud) ou Kairouan (Tunisie) à Goma (RDC). Il permet également le développement du tourisme et donc la création d’emplois pour les populations locales, améliorant ainsi leur condition de vie. Je souhaite ainsi participer concrètement à l’intégration et au développement économique de notre continent.

Mon ambition est que d’ici « 2023, on dise qu’il est plus facile de se déplacer en Afrique qu’il y a 5 ans » en apportant l’innovation qui transformera ce secteur comme le mobile money l’a fait dans le paiement en Afrique. J’ai commencé avec un autofinancement mais je serai amené à lever, au besoin, des fonds dans le futur.

A lire: Save Dakar, l’initiative citoyenne du photographe Sénégalais Mandione Laye Kébé pour sortir l’Afrique de l’enfer

TripAfrique, est-ce la version africaine de Trip Advisor en Amérique ?

Mieux, c’est une combinaison de Tripadvisor et Kayak (ou Liligo). TripAfrique permet d’avoir les informations utiles pour promouvoir les lieux touristiques, mais également de pouvoir payer pour ses déplacements sur le continent. Dans un premier temps, nous nous focalisons sur le bus car 80% des Africains utilisent ce moyen. Nous voulons avoir plus d’impacts positifs sur cette population.

A travers cette plateforme, quels services proposez-vous ?

TripAfrique permet de réserver et payer en ligne vos billets de transport sur le continent. Ainsi, elle permet au voyageur de comparer les différents tarifs, horaires et moyens de déplacement. Il peut ainsi mieux organiser ses voyages. La plateforme est configurée pour être bien adaptée aux réalités locales. Ainsi, le voyageur peut payer pour son ticket ou pour un proche dans une autre région par carte de crédit, mobile money et par espèces. Il reçoit son ticket par SMS et/ou email.

Par ailleurs, sur son espace blog, TripAfrique promeut des destinations touristiques locales peu connues du grand public avec les informations utiles. Pour accéder à nos services, il suffit de vous connecter au site : https://www.tripafrique.com. A travers cette plateforme, nous voulons donner une autre image positive de notre continent. Les richesses sont immenses et il nous revient de donner envie de venir aux touristes de les visiter.

Interface de la plate forme de TripAfrique
Interface de la plate forme de TripAfrique

Quels sont les moyens de paiement ?

Les moyens de paiement sont :

  • La carte de crédit : elle peut être utilisée par les touristes étrangers et les personnes de la diaspora qui peuvent payer pour leurs parents restés en Afrique. Il suffit de renseigner les informations du voyageur et de payer avec sa carte de crédit valable en Europe, USA et Afrique.
  • Le mobile money : c’est l’outil financier le plus utilisé en Afrique. Nous intégrons donc sur la plateforme, les acteurs présents dans chaque pays couvert (Orange Money, MTN Money, …)
  • Le cash : par expérience, nous constatons que nombre de voyageurs en Afrique continuent de payer par espèces. Nous avons donc adapté notre plateforme pour prendre en compte ces personnes. Pour la méthode, le voyageur suit tout le processus de réservation sur la plateforme et pour le paiement et il sélectionne l’option de paiement par espèces. Il reçoit alors par SMS un ticket de réservation non définitif (pas de garantie de place). Puis, il va payer à la compagnie directement tout en bénéficiant des bénéfices et offres spéciales offerts par TripAfrique. 79% de notre chiffre d’affaires est fait par cash.

Quelle est l’étendue de votre champ d’actions en Afrique ?

TripAfrique dessert aujourd’hui 12 pays en Afrique de l’ouest, du centre et du nord (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Gambie, Ghana, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo) à partir de 4 implantations physiques. Notre ambition est de couvrir le maximum de pays autant que faire se peut. Nous allons donc renforcer nos positions dans les zones actuelles et viser l’Afrique de l’est et du sud.

A lire: Le Bénin, future coqueluche touristique de l’Afrique subsaharienne

Hormis le comparateur de prix et la sécurisation de transport, quelles sont les autres innovations sur TripAfrique ?

Les innovations majeures de TripAfrique sont l’intégration d’outils adaptés aux réalités locales africains : paiement par mobile money et par cash. On y intègre également le ticketing par SMS. Mais surtout, nous offrons au voyageur une couverture géographique inédite en Afrique. En effet, TripAfrique est effectivement le leader de la réservation de tickets de bus par le nombre de pays et de partenaires couverts. Nous avons déjà vendu plus de 29 000 tickets en 2017 ; un chiffre déjà largement battu au premier semestre 2018. En termes d’équipe, nous sommes 13 personnes dont l’essentiel est basé en Afrique.

Logo de TripAfrique
Logo de TripAfrique

Quelle place occupe le tourisme dans votre projet ?

Le tourisme est la pierre angulaire du projet. TripAfrique vise à promouvoir nos richesses locales par l’implication des populations et l’amélioration de leurs conditions de vies. Pour cela, il faut faire connaitre ces richesses, mais SURTOUT, il faut permettre leur accessibilité. En effet, il ne sert à rien de valoriser nos richesses si le touriste local ou étranger ne sait pas comment y aller. Comme échangé avec nombre de ministres africains, le maillon clé souvent oublié est les acteurs du transport. Il faut leur donner toute leur place dans la chaine du développement du tourisme. Ils sont, en général, les premiers contacts physiques pour les touristes.

Quels sont vos projets à terme ?

Notre ambition est d’améliorer le transport en Afrique. Nous visons donc d’intégrer tous les autres moyens de transport présents en Afrique et couvrir l’ensemble du continent.

Adama Touré
Adama Touré

Vous venez de participer à la 1ère édition de Carrefour innovation et tourisme en Afrique de l’Ouest organisé au Niger. Qu’est-ce que vous y avez gagné ?

Ce fut mon premier voyage au Niger. J’ai aimé ce pays par sa richesse humaine et les vestiges culturels. Mais ses atouts ne sont pas suffisamment mis en valeur. Les informations négatives relatives au contexte terroriste nuisent à la valorisation du patrimoine de ce pays. Ainsi, le terme du tourisme 2.0 tombe à propos pour être le vecteur principal (digital) pouvant faire connaitre ce pays et ses populations plus rapidement et plus loin.

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Michael TCHOKPODO

Redacteur du magazine InAfrik

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